Réalisable dans un laboratoire de ville, il sera accessible aux personnes potentiellement surexposées. Les modalités doivent être définies par un décret attendu cet été.

C.M. avec AFP - Aujourd'hui à 17:30 - Temps de lecture :

Ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses », selon le ministère de la Santé.  Photo Sipa /Frederic Dides Ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses », selon le ministère de la Santé.  Photo Sipa /Frederic Dides

Il sera bientôt possible, sous certaines conditions, de connaître son imprégnation au cadmium, ce métal toxique auquel la population française est fortement exposée. Un dépistage en laboratoire de ville - remboursé à 60 % par l’Assurance maladie et 40 % par les complémentaires - va en effet être mis en place. Les modalités doivent être définies par un décret attendu cet été. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, il devrait être « ciblé sur les personnes exposées en raison de leur lieu de résidence ».

La HAS préconise de dépister les résidents « potentiellement surexposés » des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (Champagne, Charente, Jura, Massif central…) ou riverains des 7 000 sites pollués par une implantation industrielle, qui se contaminent en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement. « Mais on n’exclura pas les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être surimprégnées : ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses », selon le ministère de la Santé.

Dosage dans les urines

Ces analyses consisteront en un « dosage dans les urines et éventuellement dans le sang en complément » pour déterminer « si la personne a une intoxication chronique importante », selon le Dr François Blanchecotte, président de la Fédération de la biologie médicale. « Il fallait vraiment agir : le cadmium s’accumule silencieusement dans le corps et peut finir par poser des problèmes graves », insiste-t-il.

Auteur du rapport de la Haute autorité de santé, le Dr Robert Garnier explique qu’une fois accumulé « le cadmium diminue très lentement ». « En conséquence, la quantité de cadmium présente dans l’organisme augmente avec l’âge. Il faut donc surtout, à tous les âges, contrôler les apports » dans l’organisme, selon lui, car en cas de surexposition avérée, « il n’existe pas de médicament ».

« Dans les sites où le sol est contaminé par le cadmium, il faut en priorité diminuer l’exposition des petits enfants : pas parce qu’il y a des risques pour eux aujourd’hui, mais parce qu’ils finiront par être vieux. Même le cadmium accumulé dans l’enfance, ils ne l’auront pas complètement éliminé à plus de 60 ans », complète le toxicologue. Une communication du ministère de la Santé doit rappeler aux médecins les recommandations de la HAS visant à diminuer l’exposition, notamment pour les enfants de 6 mois à 4 ans : ne pas les laisser jouer sur le sol, couper leurs ongles courts, laver souvent leur visage, leurs mains (et vêtements, jouets, doudous), nettoyer les sols avec un linge humide.

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