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Réalisable dans un laboratoire de ville, il sera accessible aux personnes potentiellement surexposées. Les modalités doivent être définies par un décret attendu cet été.
C.M. avec AFP - Aujourd'hui à 17:30 - Temps de lecture :
Il sera bientôt possible, sous certaines conditions, de connaître son imprégnation au cadmium, ce métal toxique auquel la population française est fortement exposée. Un dépistage en laboratoire de ville - remboursé à 60 % par l’Assurance maladie et 40 % par les complémentaires - va en effet être mis en place. Les modalités doivent être définies par un décret attendu cet été. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, il devrait être « ciblé sur les personnes exposées en raison de leur lieu de résidence ».
La HAS préconise de dépister les résidents « potentiellement surexposés » des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (Champagne, Charente, Jura, Massif central…) ou riverains des 7 000 sites pollués par une implantation industrielle, qui se contaminent en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement. « Mais on n’exclura pas les personnes vivant hors de ces sites qui pourraient être surimprégnées : ce sera au médecin de juger, face à un problème rénal ou osseux par exemple, de la nécessité de ces analyses », selon le ministère de la Santé.
Dosage dans les urines
Ces analyses consisteront en un « dosage dans les urines et éventuellement dans le sang en complément » pour déterminer « si la personne a une intoxication chronique importante », selon le Dr François Blanchecotte, président de la Fédération de la biologie médicale. « Il fallait vraiment agir : le cadmium s’accumule silencieusement dans le corps et peut finir par poser des problèmes graves », insiste-t-il.
Auteur du rapport de la Haute autorité de santé, le Dr Robert Garnier explique qu’une fois accumulé « le cadmium diminue très lentement ». « En conséquence, la quantité de cadmium présente dans l’organisme augmente avec l’âge. Il faut donc surtout, à tous les âges, contrôler les apports » dans l’organisme, selon lui, car en cas de surexposition avérée, « il n’existe pas de médicament ».
« Dans les sites où le sol est contaminé par le cadmium, il faut en priorité diminuer l’exposition des petits enfants : pas parce qu’il y a des risques pour eux aujourd’hui, mais parce qu’ils finiront par être vieux. Même le cadmium accumulé dans l’enfance, ils ne l’auront pas complètement éliminé à plus de 60 ans », complète le toxicologue. Une communication du ministère de la Santé doit rappeler aux médecins les recommandations de la HAS visant à diminuer l’exposition, notamment pour les enfants de 6 mois à 4 ans : ne pas les laisser jouer sur le sol, couper leurs ongles courts, laver souvent leur visage, leurs mains (et vêtements, jouets, doudous), nettoyer les sols avec un linge humide.


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