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Par Nicolas Daguin
Le 10 juin 2026 à 15h48
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Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux en novembre dernier, l’ancien chef de file du groupement identitaire angevin L’Alvarium avait dénoncé la présence de migrants afghans près d’un supermarché de campagne, les associant à des «cousins de talibans».
Passer la publicité Passer la publicitéLe militant identitaire et conseiller municipal d’opposition à Segré-en-Anjou Bleu, Jean-Eudes Gannat, a été condamné mercredi 10 juin par le tribunal correctionnel d’Angers à trois mois de prison avec sursis pour «injure» et «provocation à la haine raciale».
L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée le 4 novembre dernier sur les réseaux sociaux. Filmée devant un supermarché de Segré (Maine-et-Loire), elle montrait plusieurs réfugiés afghans installés à proximité du magasin. La séquence était accompagnée de la légende : «Marre de vivre avec les cousins des talibans au fin fond de nos campagnes.» Des propos qui avaient rapidement conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire. Ancien dirigeant du mouvement identitaire angevin L’Alvarium, dissous en 2021, Jean-Eudes Gannat avait été placé en garde à vue avant d’être mis en examen.
La justice est capable de sévérité et de célérité. En neuf mois, on n’aura pas pu interroger l’homme suspecté du meurtre de Lyhanna dans une affaire de viol, tandis qu’il n’aura pas fallu douze heures pour que je sois placé en garde à vue
Jean Eudes Gannat.Lors de l’audience du 6 mai dernier, le parquet avait estimé que les termes employés constituaient une assimilation de réfugiés afghans à des membres ou soutiens du régime taliban, et qu’ils relevaient d’une stigmatisation fondée sur l’origine. Le ministère public avait requis quatre mois de prison avec sursis ainsi qu’une amende de 1000 euros. Les cinq personnes visées par la vidéo s’étaient constituées parties civiles, tout comme SOS Racisme et la Ligue des droits de l’Homme. Ce qui n’avait pas empêché la défense de plaider relaxe. Les conseils de Jean-Eudes Gannat avaient dénoncé une procédure arbitraire et politique, estimant que leur client exerçait sa liberté d’expression en décrivant une situation qu’il jugeait problématique.
«Je suis allé à ce procès en sachant que les dés étaient pipés. Mais à vrai dire, personne n’est dupe, cette décision est plutôt le signe d’un système qui sent que les choses lui échappent», a réagi Jean Eudes-Gannat auprès du Figaro mercredi après-midi. Et d’ajouter : «Comme toute la France l’aura constaté, la justice est capable de sévérité et de célérité. En neuf mois, on n’aura pas pu interroger l’homme suspecté du meurtre de Lyhanna dans une affaire de viol, tandis qu’il n’aura pas fallu douze heures après la publication de ma vidéo pour que je sois placé en garde à vue.»
Ce dernier nous confirme par ailleurs son intention de faire appel. Candidat aux dernières élections municipales à Segré-en-Anjou Bleu, 17.000 habitants, Jean-Eudes Gannat avait recueilli 21,72 % des suffrages. Un score qui lui permet aujourd’hui de siéger dans l’opposition avec six de ses colistiers.


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