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Le bruit des scies mécaniques résonnera de nouveau à Saint-Vianney. Du 26 juillet au 2 août, la municipalité matapédienne célèbre son centenaire en renouant avec les compétitions forestières qui ont longtemps fait sa renommée. Derrière la fête se dessine aussi le portrait d’un village qui a perdu plusieurs services, mais pas sa volonté de durer.
La programmation ne se limite pas aux activités forestières. Des spectacles d’humour et de musique, une compétition de jeu de poches ainsi qu’une journée au lac Langis sont prévus. Une pièce de théâtre interprétée par des résidents retracera aussi l’histoire de Saint‑Vianney.

Une compétition de jeu de poches figure parmi les activités organisées pour le centenaire de Saint‑Vianney.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Les festivités se termineront dimanche prochain avec une parade réunissant notamment des chevaux, des voitures anciennes, des tracteurs et des chars allégoriques, ainsi qu’une démonstration d’hommes forts.
La forêt comme fil conducteur
Au commencement, il y avait la forêt. Les familles venues occuper des lots accordés par le gouvernement devaient défricher la terre et prouver qu’elles pouvaient y vivre. Certaines ont trouvé un sol cultivable. D’autres, une terre de roches, rappelle Georges Guénard, maire depuis 25 ans.
Notre paroisse était vraiment à vocation forestière.
La chronologie préparée pour le centenaire rappelle la tenue d’un Festival forestier dès 1975. Les compétitions se sont poursuivies au cours des décennies suivantes.

Même les souvenirs ont été gravés dans le bois. Des bénévoles ont inscrit 100 dates marquantes sur des rondelles : l’arrivée du téléphone en 1932, une école fréquentée par 300 élèves en 1950, le Festival forestier de 1975 ou l’installation d’une tour cellulaire en 2025.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
C’étaient de vrais forestiers. Ils bûchaient, souligne le maire. Les épreuves comprenaient notamment la sciotte, le godendard, la hache et la scie mécanique de compétition.
Samedi prochain, des professionnels de la région de Charlevoix feront revivre ces épreuves. Ceux qui n’ont pas vécu ça, les jeunes, vont avoir la chance d’en avoir une petite démonstration, se réjouit le maire.
La forêt demeure aussi un levier économique. La municipalité gère 115 lots intramunicipaux. Avec le revenu qu’on retire de la forêt, on est capables de créer des choses vraiment intéressantes, affirme Georges Guénard.

La pierre commémorative en hommage à Florida Proulx provient de la carrière de Saint‑Vianney. Elle sera inaugurée à l'occasion du centenaire.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Le centenaire permet aussi de faire revivre certaines figures de l’histoire locale. Une pierre commémorative rend désormais hommage à Florida Proulx, sage-femme de 1922 à 1955. Selon la plaque commémorative, elle aurait aidé à mettre au monde 851 enfants sans en perdre un, malgré les conditions difficiles de la colonisation.
Se réinventer sans se déraciner
Le centenaire survient dans une période de bouleversements. Saint-Vianney a perdu sa caisse populaire, sa caserne de pompiers et, récemment, son école.
Ça veut dire qu’il faut se réinventer. Puis je peux vous dire une chose : on va se réinventer, lance le maire.

Fermée depuis 2023, l’église doit aussi être démolie. Devant le bâtiment, une phrase résume l’état d’esprit du village : Le futur sera différent, mais notre unité reste.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Cette unité se manifeste dans l’organisation du centenaire. Le comité compte 11 personnes, mais près de 80 bénévoles gravitent autour de lui.
Plusieurs jeunes travaillant à l’extérieur ont planifié leurs vacances pour revenir aider. Ils veulent avoir un pied ici. Ils veulent revenir ici, observe Mylène Guénard, coordonnatrice du centenaire et fille du maire. Pour elle, les célébrations permettent aux plus âgés de revivre leurs traditions et aux plus jeunes de les découvrir.

Une messe en plein air sera célébrée sur la montagne de Saint-Vianney le dimanche 2 août, lors de la dernière journée des festivités.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Francine Royer connaît bien ce passage du temps. À 15 ans, elle servait aux tables lors du 50e anniversaire, vêtue comme les autres jeunes femmes d’une robe jaune or. Cinquante ans plus tard, elle est responsable des commanditaires.

Francine Royer, responsable des commanditaires pour le centenaire, avait 15 ans lorsqu’elle a participé aux célébrations du 50e anniversaire de Saint‑Vianney.
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
Elle a aussi repris une tradition du curé Roy. Avant les anciennes fêtes forestières, celui-ci demandait aux paroissiens d’accrocher leur chapelet à la corde à linge afin d’obtenir du beau temps.
J’ai mis une photo de mon chapelet béni par le pape sur Facebook et j’ai dit : Mettez vos chapelets sur la corde, raconte-t-elle en riant.

Le drapeau de Saint‑Vianney arbore les armoiries de la municipalité ainsi que sa devise : « J’invite et je retiens ».
Photo : Radio-Canada / Gala Dionne
La devise de Saint-Vianney est J’invite et je retiens. Pour son centenaire, le village l’a transformée en Saint-Vianney invite et se souvient. Une manière de regarder derrière soi sans cesser d’avancer.


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