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La mairesse de Saint-Lin–Laurentides, Isabelle Auger, a commis « des actes répréhensibles » en contrevenant à la loi et en abusant de son autorité, conclut un rapport d'enquête de la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale (DEPIM), qui recommande l'intervention de la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Les manquements en question concernent des cas graves de mauvaise gestion des ressources humaines, peut-on lire dans le document d'une dizaine de pages. Plusieurs employés et cadres ont décrit un climat de travail qui s’est significativement détérioré depuis les élections du 2 novembre 2025, a précisé la DEPIM.
La DEPIM, qui travaille sous la direction de la Commission municipale, conclut que la mairesse a outrepassé les pouvoirs que lui accorde la loi notamment en suspendant sans raison la directrice générale et la greffière de cette municipalité de Lanaudière.
Isabelle Auger s’est aussi ingérée à plusieurs reprises dans des dossiers impliquant des employés, une responsabilité qui relève plutôt de l'administration municipale, souligne le rapport.
Des reproches lui sont également adressés en matière de dépenses. Selon le rapport, Mme Auger a recouru à des services de conseillers juridiques au nom de la Ville, en plus de conclure elle-même un contrat avec une firme externe, ce qui remet en question sa neutralité et son impartialité. La proximité apparente entre la firme externe et la mairesse est de nature à compromettre les résultats du diagnostic [de la firme], indique la DEPIM.
Dans l’ensemble, ces pratiques ont fragilisé l’organisation municipale et contribué à un climat de travail marqué par l’insécurité.
La mairesse se défend
Sur sa page Facebook, Mme Auger a réagi à la publication du rapport par la Commission municipale en soulignant que toutes [les] décisions prises ont été appuyées par des opinions juridiques solides.
Elle reconnaît que plusieurs plaintes ont été [dépos]ées à [son] égard. Elle assure aussi que les décisions n'ont pas été prises de gaieté de cœur mais bien motivées par un souci de gestion responsable.
Or, la DEPIM signale qu'à la suite d'une rencontre avec la mairesse, cette dernière refuse de se conformer au cadre normatif encadrant sa fonction et privilégie la poursuite de son [ordre du jour] politique, et ce, au détriment du bon fonctionnement de l’administration municipale.
La Commission a même directement interpellé la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Geneviève Guilbault, afin que la gestion des ressources humaines par le conseil municipal fasse l'objet d'une supervision. Le rapport réclame l'adoption d'un arrêté ministériel en ce sens.
La mairesse Auger n'a pas donné suite à une demande d'entrevue de Radio-Canada. Sa responsable des communication a toutefois indiqué par courriel que la Ville de Saint-Lin–Laurentides prend acte des recommandations de la Commission municipale du Québec en matière de gouvernance municipale et confirme qu’elle y donnera suite, en collaboration avec les autorités compétentes, tout en maintenant la continuité des services à la population.
L'enquête précise que d'éventuelles mesures correctrices mises en place par la Ville devront être communiquées à la Commission municipale, conformément à la loi. C'est la vice-présidente aux affaires municipales de la Commission, Me Sylvie Piérard, qui assurera un suivi des recommandations.


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