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Un rapport du coroner publié au cours des derniers jours dresse le portrait de l’incarcération d’un détenu qui a mal tourné à la prison de Trois-Rivières. Un homme de 41 ans en détresse psychologique qui n’a pas bénéficié de conditions de détention lui permettant d’être surveillé, ce qui l'a mené à commettre l’irréparable.
Les événements ont eu lieu le 9 septembre 2023 pendant que l’homme originaire de Saint-Louis-de-Blandford, aux prises avec des problèmes de santé mentale et de consommation, était incarcéré à la prison de Trois-Rivières pour bris de promesse.
Lors de son entrée en prison, les responsables de l’établissement n’ont pas noté, dans un document intitulé Échelle d’évaluation du risque suicidaire, d'éléments qui pourraient laisser croire qu'il souffrait d'une détresse psychologique plus importante.
Deux facteurs de risque ont été identifiés, soit le fait que [le détenu] soit excessivement préoccupé par des problématiques avec son ex-conjointe et le fait qu’il ait fait l’objet d’une évaluation psychiatrique un mois auparavant, peut-on lire dans le rapport.
Par ailleurs, ce dernier facteur de risque nécessitait une référence au personnel médical de la prison, ce qui n’a pas été fait.
Certains facteurs de risque énumérés au formulaire semblent avoir été ignorés, dont la séparation amoureuse récente et les signes de désespoir, de dépression ou d’anxiété. L’intervenant ajoutait en commentaire qu’il n’y avait rien à signaler au niveau suicidaire, poursuit la coroner Mélanie Ricard dans son rapport.
Partout au Québec, de l’aide est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les services sont gratuits, bilingues et confidentiels.
- Téléphone : 1 866 APPELLE (277-3553)
- Texto : 53 53 53
- Clavardage et outils : www.suicide.ca (nouvelle fenêtre)
Le rapport blâme notamment le travail d’un policier lors de son transfert du poste de la SQ de la MRC d’Arthabaska où il avait précédemment été arrêté, qui n’a pas indiqué dans sa demande de détention que la personne présentait des signes de problème de santé mentale.
L’homme a donc été incarcéré dans une aile à sécurité minimale. Le lendemain soir, un codétenu l’a trouvé alors qu’il tentait de s’enlever la vie. Il a été transporté à l’hôpital, mais sa mort a été officiellement constatée le 18 septembre.
Des mesures correctives qui auraient pu faire la différence
Parmi les ressources qui n’ont pas été utilisées par les policiers de la Sûreté du Québec, la coroner révèle notamment l’existence du service Info-social, qui aurait permis d’évaluer et d’orienter le détenu en parlant avec des intervenants sociaux.
Depuis les événements, les corps de police impliqués par le rapport, soit ceux des MRC d’Arthabaska et des Appalaches, ont maintenant accès à une travailleuse sociale en milieu policier.
La coroner indique que la SQ s’est engagée à mieux évaluer les personnes à risque suicidaire.

Le centre de détention de Trois-Rivières au printemps. (Photo : 7 abril 2026)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier
Du côté de la prison de Trois-Rivières, la coroner indique que l’établissement applique le programme de prévention du suicide appliqué aux services correctionnels du ministère de la Sécurité publique, qui vise à mieux prévenir l’apparition et l’aggravation des conditions et des comportements associés au risque suicidaire.
Il est raisonnable de croire que, si un tel programme avait été en place au moment des événements, la détresse [du détenu] et son risque suicidaire auraient pu être mieux détectés au sein de l’établissement de détention, indique la coroner.
Elle plaide pour une meilleure communication entre les corps de police pour s’assurer que des informations ne se perdent pas lors du transfert de détenus.


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