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Russie de Vladimir Poutine: un scrutin sous contrôle, un pouvoir sous pression | Géopolitis

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Avec une opposition muselée, les élections législatives en Russie semblent jouées d’avance. Mais la lassitude voire le mécontentement grandissant de la population face à la guerre et aux difficultés économiques fragilisent-ils Vladimir Poutine ? Le Kremlin s’enferme-t-il dans une fuite en avant ? Invitée : Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Eurasie à l’IFRI Présentation : Laurent Huguenin-Elie Au sommaire : 00:00 Poutine, la fuite en avant ? 02:12 Avant les élections législatives russes, l’opposition est muselée 05:54 Tatiana Kastouéva-Jean: "Ce sont les premières élections en Russie où il y a des tensions sur le plan économique, militaire et social" 10:55 L’économie russe est sous pression 13:27 Tatiana Kastouéva-Jean: "Aujourd'hui, la guerre et les sanctions touchent toute la population" 18:24 Guerre en Ukraine, des déserteurs russes racontent le front 21:39 Tatiana Kastouéva-Jean: "C'est un calcul de Vladimir Poutine d'espérer l'arrivée au pouvoir des forces de l'extrême droite" en Europe Economie malmenée, restrictions de l’accès à internet, pénuries de carburant : le quotidien des Russes se dégrade. À l'approche des élections législatives, le Kremlin étouffe toute contestation. Ces derniers mois, une trentaine d’entrepôts des deux leaders russes du commerce en ligne, Wildberries et Ozon, ont été touchés par des frappes de drones ukrainiens. Les dégâts se chiffrent à plus de 10 milliards de dollars. Des frappes ukrainiennes contre des infrastructures économiques vitales qui s'ajoutent à celles - tout autant stratégiques - dirigées contre les raffineries et dépôts pétroliers russes depuis plusieurs mois. Le 1er septembre 2026, Vladimir Poutine estime que "le montant total des dégâts s’élève à une somme non négligeable: environ 1% du PIB." "Les frappes ukrainiennes font mal", estime Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Eurasie à l’IFRI. "Ce sont probablement les sanctions les plus efficaces contre notamment les raffineries, et on le voit avec les files d'attente pour l'essence", poursuit-elle. Des pénuries de carburant touchent de vastes parties du pays, des régions agricoles comme Krasnodar jusqu’aux mégalopoles comme Moscou ou Saint-Pétersbourg. - Une situation économique difficile Plus largement, l’économie russe est tiraillée entre un secteur militaire qui tourne à plein régime, dopé par les commandes de l’État, et un secteur civil qui suffoque. Les autorités prévoient ainsi une croissance du PIB de 0,6% pour 2026, alors qu’elle était de 1% en 2025, et 4,9% en 2024. L’inflation de 6,3% affecte une grande partie de la population. Autre frein économique : le taux directeur de la banque centrale à 14% - qui limite l’accès au crédit des entreprises et des ménages. "Aujourd'hui, la guerre et les sanctions touchent toute la population", analyse Tatiana Kastouéva-Jean. "Le mode de vie au quotidien est impacté. (…) Le contrat social qui consisterait à dire vous pouvez vivre normalement, cette guerre se déroule quelque part et n'a pas d'impact direct sur votre quotidien, c'est de moins en moins le cas. Les gens l'avouent : les derniers sondages du centre Levada montrent que les deux tiers de la population avouent avoir été confrontés, depuis quelques mois, soit à la pénurie de l'essence, soit aux stations d'essence fermées ou encore à une coupure d'Internet et à l'impossibilité d'accéder aux plateformes habituelles." Pourtant, la contestation reste limitée: "Le mécontentement n'est pas dirigé contre la guerre en Ukraine et contre le Kremlin. Aussi curieux que cela puisse paraître, la population russe est dans l'adaptation, comme depuis le début de cette guerre." - Une contestation étouffée Les élections législatives en Russie, qui se dérouleront du 18 au 20 septembre 2026, ont lieu sur fond de tensions sur le plan économique, militaire et social. Néanmoins, l’issue de ce scrutin semble écrite d’avance. "Tout est verrouillé désormais dans ce régime et verrouillé très en amont, notamment au niveau de l'admission des candidats qui pourraient créer des surprises", confirme Tatiana Kastouéva-Jean. Le 17 août dernier, la Cour suprême russe a maintenu l’interdiction du seul parti anti-guerre, Iabloko, de participer aux législatives. Le même jour, son vice-président a été condamné à 11 ans de prison pour sa critique de l’offensive en Ukraine. Huit membres du parti sont déjà incarcérés. Une éviction significative pour Tatiana Katouéva-Jean: "Cette protestation contre la guerre est quelque chose de dangereux pour le système", analyse la spécialiste. "Les autorités ont pu observer une certaine montée de la popularité de Iabloko, il y a eu une petite vague d'adhésions. Le nombre de personnes encartées est devenu plus significatif. (…) Ces signaux ont été malheureusement prohibitifs pour la participation de ce parti au scrutin." Le site de Géopolitis : https://www.rts.ch/emissions/geopolitis/ #russie #poutine #Iabloko
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