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Rugby, Champions Cup : «Les avants de Bordeaux méritent le respect», salue Maxime Lucu après la victoire sur Toulouse

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Le demi de mêlée international revient sur la qualification de l’UBB pour les demi-finales de la Champions Cup. Et il souligne l’énorme travail accompli par son pack contre Toulouse.

En quoi cette victoire sur Toulouse  va compter dans l’histoire de l’UBB ?
Maxime Lucu :  Ça va compter. J’espère qu’on aura la réponse dans plusieurs semaines, mais en tout cas c’était un gros rendez-vous pour le club. On progresse d’année en année avec ces phases finales. On est encore jeunes à ce niveau, mais dès qu’on vient, on apprend de nos erreurs. J’ai surtout en mémoire la finale à Marseille il y a deux ans (large défaite contre Toulouse), où ça avait été très dur pour nous. Donc il faut rester humble par rapport à ça. Aujourd’hui, on avait un grand rendez-vous devant nos supporters et, même si tout n’a pas été parfait et facile, on a su donner beaucoup de choses dans l’état d’esprit et on a su sortir vainqueurs. Ce sont de gros signaux, et c’est bien pour la suite.

Vous avez beaucoup subi en première période…
On a beaucoup joué dans notre camp. On n’avait pas trop le choix parce que Toulouse nous mettait sous pression. Ils avaient ciblé les 20-30 premières minutes et ils l’ont bien fait. Comme lors de la dernière finale du Top 14 et comme le match au Stade Atlantique il y a trois semaines, les coups d’envoi nous ont mis en difficulté. Des petites erreurs ont envoyé Toulouse sur des pénaltouches ou des ballons dans les 22 mètres trop facilement. À la mi-temps, on s’est calmés, on a repris notre souffle. Soit on décidait de sécuriser les trois premiers rucks et nos propres ballons, soit on subissait comme en première mi-temps où l’on n’avait pas existé et où Toulouse avait des ballons sans arrêt. Jack Willis, Peato Mauvaka et les autres nous ont pris beaucoup de ballons en première mi-temps. Si on ne réglait pas ça, c’était difficile d’exister contre Toulouse. On a réussi à corriger ça en deuxième mi-temps et, avec la vitesse de nos porteurs, on a pu trouver un break à un moment.

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Juste après le carton rouge de Dorian Aldegheri, vous encaissez un essai…
On a été un peu bêtes, un peu laxistes, parce qu’on pensait qu’à quatorze, Toulouse allait taper, mais ils ne tapent jamais. Ils sont dangereux à n’importe quel moment. C’est plus de l’agacement. Trois contre cinq, ils ne peuvent pas nous faire ça. Même si on pense que Romain (Ntamack) va taper, ce sont des joueurs capables de tout à n’importe quel endroit du terrain. Prendre cet essai est inadmissible. On s’est calmés ensuite : fermer les extérieurs, être plus forts, et surtout garder le ballon, parce que plus tu as le ballon contre Toulouse, plus tu les mets en difficulté. On l’a fait en deuxième mi-temps, pas en première. Il y a eu deux matchs.

Vous avez eu quasiment trente minutes en supériorité numérique. Vous les avez sentis baisser physiquement progressivement ?
Pas au début, parce qu’on prend cet essai et même au retour de la deuxième mi-temps, on n’est pas encore dans notre match. Ensuite, il y a l’appui du public, le fait d’être menés, des ballons que Toulouse perd dans les cinq ou dix mètres. Les entrées de nos remplaçants sont excellentes, ils grattent des ballons importants. Le public pousse, c’est fabuleux. Aujourd’hui, c’était la fièvre européenne à Chaban. Ça nous a aidés sur les trente dernières minutes. Le carton jaune d’Antoine (Dupont) nous a peut-être aussi permis de passer devant et de gagner en confiance.

À lire aussi Les notes de UBB-Toulouse : Lucu et Jalibert remportent la guerre des chefs, Aldegheri plombe le Stade

Vos avants ont livré un très gros match…
Oui, clairement. Le huit de devant, même les six remplaçants, ont fait la différence. Ils ont été incroyables. Ils sont vexés de ce qu’ils entendent depuis des années et avaient coché ce match. Cocher un match ne suffit pas pour battre Toulouse, mais ils ont montré qu’ils méritent du respect. Ils ont fait un sacré match. Sans eux, on aurait été à la maison ce soir.

Vous trouvez que vos avants sont sous-évalués ?
Oui, un peu. Depuis un moment déjà… Mais depuis trois ou quatre mois, ils répondent présents, et même l’an dernier sur certains matchs. Ils ont été excellents et il faut les féliciter. On parle beaucoup de la ligne arrière de Bordeaux depuis un an ou deux, mais sans le paquet d’avants, c’est difficile. Aujourd’hui ils ont été grands. Si on passe en demi-finale, c’est grâce à eux.

Par le passé, face à Toulouse notamment, c’est l’UBB qui prenait des cartons. Ça montre une évolution ?
Cela demande beaucoup d’humilité et de travail. On essaie de progresser chaque saison. On a eu beaucoup de blessures et de coups durs cette année, mais on a gardé le cap. On a travaillé la discipline, car les cartons peuvent tout changer. Avec les arbitres internationaux, le moindre détail compte. On a essayé d’être à la limite sans dépasser. Il faut trouver le juste milieu : si tu as peur de prendre des cartons, tu ne défends plus, tu ne contestes plus les rucks. On travaille beaucoup la hauteur des plaquages et les détails. Contre Toulouse, ils provoquent aussi des fautes, mais il faut éviter celles qui ne sont pas nécessaires. Sur ce match, on y est arrivés. Il faut maintenant le maintenir sur toute la compétition.

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Avez-vous le souvenir d’un match aussi intense ? 
Oui, il y en a eu. Celui d’il y a trois semaines contre Toulouse était déjà fou. Il y avait eu énormément d’intensité et de tension. On prépare des semaines pour vivre ça. C’est long et dur à préparer, surtout contre Toulouse, qui impressionne toujours en fin de semaine. Mais ce sont des moments qu’on aime vivre.

Que vous inspire Bath , votre adversaire en demi-finale ?
Bath est une équipe très forte depuis deux ans. Ils ont gagné la Challenge Cup et méritent d’être en Champions Cup. Ils dominent le championnat anglais depuis plusieurs saisons. C’est une équipe puissante, qui joue beaucoup, avec un maître à jouer exceptionnel (l’ouvreur écossais Finn Russell, NDLR), de gros porteurs et une grosse troisième ligne. Ce sera encore un très gros défi. On savait que ce tableau nous obligerait à aller jusqu’au bout. Le chemin continue. Il faudra bien préparer ce match. Si on n’est pas prêts, le résultat sera négatif.

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