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Au terme d’un match épique, le Serbe, qui menait deux manches à rien, a été renversé par le jeune Brésilien, ce vendredi, au troisième tour.
Nouveau séisme à Roland-Garros. Débarrassé de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz sur la route d’un 25e Grand Chelem, Novak Djokovic est tombé dès le troisième tour, renversé ce vendredi par un exceptionnel João Fonseca, vainqueur d’un combat de 4h53, conclu en cinq manches (4-6, 4-6, 6-3, 7-5, 7-5). Désigné prodige du tennis brésilien, le natif de Rio remporte à 19 ans la plus belle victoire de sa carrière et s’affirme pour la suite (face à Casper Ruud ou Tommy Paul en huitièmes de finale). «Djoko», lui, perd une nouvelle occasion de titre en Majeur, à 39 ans.
Pourtant, sous la chaleur dont il s’était plaint après son deuxième tour difficile face au Français Valentin Royer, un Djokovic appliqué a démarré très fort, casquette vissée sur la tête. Sûr de sa force, en habitué de la grandeur du court Philippe-Chatrier, contrairement à son adversaire qui le découvrait, le Serbe s’est mué en patron lors des deux premières manches, remportées 6-4, 6-4, en une heure et demie. L’horizon du prochain tour se dégageait déjà. Mais, de l’autre côté de filet, Fonseca, longtemps timide, peut-être inhibé, a monté le curseur. Il s’est surtout hissé au niveau de l’évènement, poussé par ses fans reconnaissables par grappes en tribunes grâce à leur maillot de la Seleçao de football. Et, comme il y a deux jours face au Croate Dino Prizmic, il a lancé son opération remontée fantastique. Pas question de baisser si vite les armes.
Un sommet de tennis dans les deux derniers sets
Dans la troisième manche, il s’est appliqué à tenir son break acquis à 1-0 (set remporté 6-3) pour embarquer Djokovic dans un sacré bras de fer. Sur le passeport, 19 ans séparent les deux hommes mais leur niveau de jeu, lui, s’est avéré si proche dans le quatrième set. Un combat de tous les instants, 1h20 d’échanges intenses. Libéré, Fonseca a d’abord pris les devants, porté par son coup droit dévastateur. «Djoko» s’est rebellé, a débreaké, avant de céder une nouvelle fois son service à 5-5, donnant l’occasion au 30e joueur mondial de recoller à deux manches partout. Ce qu’il est parvenu à faire, avec une sacrée maturité, au milieu d’un Philippe-Chatrier qui humait enfin le parfum dans un thriller.
Ce duel savoureux, à qui l’organisation avait refusé la «night session», s’est alors étiré. Pour le plus grand bonheur de tous, sauf pour le moteur de «Nole». Après un passage aux vestiaires et une dizaine de minutes d’interruption, les deux hommes ont remis le couvert dès les premiers points de la manche décisive. À toi, à moi, un break chacun, et le suspense s’est haussé au niveau de la performance lorsque le tableau d’affichage a affiché 4-4 dans le cinquième set, après 4h35. Djokovic, sur un fil, a continué à pousser sur ses jambes.
Aux gifles envoyées par Fonseca, le triple vainqueur de Roland-Garros (2016, 2021, 2023) a répondu par un exceptionnel passing de revers. Un coup de génie parmi tant d’autres puisque le natif de Rio n’était pas en reste. Sublimé par ses compatriotes déchaînés en tribunes, il a couru sur toutes les balles puis usé d’amorties, afin de s’offrir le luxe de servir pour le match. Encore fallait-il conclure, sous tous les regards, face à la légende du tennis. Chose faite grâce à trois aces consécutifs. Le meilleur match du tournoi. L’acte de naissance d’un grand champion.


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