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Rio Tinto IOC met en place un programme volontaire d’incitation à la retraite destiné à ses employés syndiqués. Offerte depuis le début du mois de juin, cette mesure s’inscrit dans une vaste restructuration de la minière, lancée en septembre 2025.
Rio Tinto IOC mentionne que l’initiative se veut une autre façon de soutenir la pérennité de l’entreprise à long terme.
Selon le Syndicat des Métallos à Labrador City, jusqu’à 150 travailleurs répartis dans 4 organisations syndicales pourraient être concernés par cette offre, dont 35 à Sept-Îles. Un chiffre que l’entreprise ne confirme toutefois pas.
Le représentant syndical Mike Furlong explique que Rio Tinto IOC offre 50 000 $ à quiconque est admissible à la retraite. La proposition s’adresse aux syndiqués avec plus de 30 ans de service, à ceux âgés de 65 ans et plus ainsi qu’à ceux qui ont 62 ans et plus et qui comptent 10 ans d’ancienneté.

Quelque 2100 travailleurs syndiqués travaillent pour Rio Tinto IOC. (Photo d'archives)
Photo : Labrador Iron Ore Royalty Corporation
Même si elle survient dans une conjoncture inquiétante, l'offre est saluée par les Métallos de Labrador City et de Sept-Îles, qui la jugent respectueuse de leurs membres.
Il y a plusieurs personnes qui ont accès à la retraite prochainement qui voient ça comme un avantage.
À Labrador City, Mike Furlong est plus nuancé. C’est certain qu’on ne veut pas perdre nos travailleurs les plus anciens. Ils sont précieux, ils ont le plus de connaissances, sont les plus sécuritaires et les plus productifs, mais on sait qu’à un moment, ils vont partir, souligne Mike Furlong.

Mike Furlong, président de la section 5795 du Syndicat des Métallos, représente 1700 travailleurs à Labrador City. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
D’ailleurs, malgré le contexte difficile, la solidarité entre les syndiqués demeure. Les jeunes travailleurs ne mettent aucune pression sur les plus anciens pour qu’ils prennent leur retraite. Les gens se tiennent.
L’incertitude persiste
Pour les syndicats, le signal qu’envoie la minière est toutefois limpide : elle veut diminuer le nombre de postes par attrition pour restreindre ses coûts d'exploitation.
L’inquiétude plane donc quant à la suite de la restructuration de la minière et cela se ressent dans l'augmentation des appels reçus par les syndicats.
Si on se fie à l'historique de la compagnie, elle fait des offres pour des retraites anticipées et par la suite, les mises à pied arrivent.

Les installations de Rio Tinto IOC à Sept-Îles se concentrent sur le déchargement et l'envoi par bateau de minerai de fer extrait à la fosse de Labrador City. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Mike Furlong partage les craintes de son homologue et espère que la minière mènera sa restructuration de manière responsable. Deux autres préoccupations l’occupent toutefois : la sécurité et la santé mentale de ses membres.
La devise d'IOC est la sécurité avant la production. Mais il est facile, dans des moments comme celui-ci, de penser en termes de dollars plutôt qu'en termes de sécurité.
Sur un autre front, Sébastien Deschênes fait remarquer que les récents investissements de la minière, notamment dans le nouveau déverseur et dans l’achat de nouveaux camions, sont des signes positifs. Selon lui, Rio Tinto IOC n’injecterait pas autant d’argent si elle ne voulait pas assurer la viabilité de ses activités.
La santé de la mine de Carol Lake toujours en cause
Ce programme d’incitation à la retraite est la dernière initiative de Rio Tinto IOC pour redresser ses finances, mises à mal par les problèmes à la mine de Carol Lake.

Les ententes signées entre les entreprises minières et les conseils de bande sont toujours confidentielles.
Photo : Gracieuseté : IOC
Des licenciements de dizaines de cadres sont en effet survenus au cours des derniers mois. En mai dernier, la minière annonçait aussi un resserrement de ses dépenses.
Cette rigueur budgétaire s’explique, selon les Métallos de Labrador City, par une mauvaise planification minière au cours des dernières années. La nécessité de déplacer de grandes quantités de roches sans valeur pour accéder au minerai de fer a mal été gérée. Aujourd'hui, une trop grande quantité de stériles est extraite, ce qui nuit aux objectifs de production.


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