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La première ministre du Nouveau-Brunswick s’engage à déposer en mai un projet de loi pour renforcer le registre des lobbyistes après des révélations voulant qu’elle ait participé à des réunions de travail lors d’événements sportifs dont les billets avaient été payés par les entreprises qu’elle a rencontrées.
La semaine dernière, le Telegraph Journal rapportait que Susan Holt a assisté à deux matchs de la LNH et à un de la NBA grâce à des billets offerts par des intérêts privés ne figurant pas au registre des lobbyistes de la province.
Par exemple, la première ministre a assisté à un match des Maple Leafs de Toronto le 2 mars dernier à la suite d’une invitation de Sunny Corner Enterprises.
En mars 2025, elle était au TD Garden de Boston lors d'un match des Bruins grâce à des billets offerts par International Seafood and Bait de Shippagan.
Le mois suivant, elle s’est rendue à une partie des Raptors de Toronto en compagnie de Tom Liston, un membre du conseil d’administration d'Opportunités NB et président du groupe World’s Oldest Basketball Court à St. Stephen, un organisme qui demande au gouvernement provincial d'investir six millions de dollars dans ce projet.
Le Commissaire à l’intégrité avisé
Bien que le bureau de la première ministre a déclaré ces activités au Bureau du Commissaire à l’intégrité, rien ne l'obligeait à le faire, puisque les billets ne sont pas considérés comme des cadeaux en vertu de la loi.

Charles Murray est le Commissaire à l’intégrité du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Selon le Commissaire à l’intégrité du Nouveau-Brunswick, Charles Murray, il est assez fréquent que ce genre de rencontre ait lieu.
C’est une situation qui arrive quelques fois chaque année avec n’importe quel premier ministre et le traitement prévu par la loi depuis des années c’était toujours de considérer ça comme une réunion, a-t-il expliqué lors d’une entrevue avec Radio-Canada.
Selon M. Murray, si Mme Holt avait reçu des billets pour assister à un match en famille, il s’agirait plutôt d’un don et, dans ce temps-là, ça peut peut-être ne pas être acceptable si ça dépasse la limite légale de 250 $.
D'après le commissaire, son bureau a toujours encouragé les hauts fonctionnaires et les élus de déclarer ce genre de rencontre auprès de son bureau puisque la transparence permet d'augmenter la confiance des citoyens à l'endroit des institutions publiques.
On doit éviter une situation où les élus reçoivent des choses en secret et le public n’en sait rien. Ça peut mener à des difficultés et un manque de confiance.
Des changements s’imposent
Dans une déclaration envoyée par courriel, une porte-parole de la première ministre a indiqué que Susan Holt n’était pas disponible en fin de semaine à accorder une interview à ce sujet en raison d’un engagement familial.
Elle a toutefois rappelé que le Parti libéral a pris l’engagement de moderniser et renforcer le registre des lobbyistes afin d'accroître la transparence et la reddition de comptes.
Le projet de loi sera déposé d’ici la fin du mois de mai, a-t-elle précisé.
Bien que la première ministre n’ait enfreint aucune règle en acceptant les invitations de ces entreprises, M. Murray est d’accord pour dire qu’il est temps que la Loi sur l’inscription des lobbyistes, adoptée il y a 12 ans, soit modernisée.
Je suis l’arbitre des règles, donc j’hésite à donner mon opinion à savoir si les règles sont trop strictes ou pas assez [...] Il y a de grandes différences entre les juridictions [sur les lobbyistes], il y en a qui se retrouvent en avant et je dirais qu’on se retrouve en queue de peloton, analyse M. Murray, qui ajoute qu’il espère bientôt voir des progrès en ce sens à l’Assemblée législative.
Par exemple, le registre des lobbyistes du Nouveau-Brunswick n’est aujourd’hui qu’un simple tableur Excel. Le commissaire espère notamment moderniser cet outil et créer une base de données électronique.
Ça n’atteint pas le but d’un registre moderne où on peut taper le nom de quelqu’un et obtenir des résultats. [Le registre], c’est vraiment quelque chose que l’on peut lire. On a un plan pour changer ça et j’espère qu’on va achever ça avant la fin de l’année , dit M. Murray, qui espère aussi embaucher un autre employé.


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