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« Nous sommes en train de rénover le pays et il est essentiel que l’Alberta y soit au centre » : le premier ministre Mark Carney appelle les Albertains à demeurer au sein de son « Canada fort », au lendemain de l’annonce d’un référendum sur la place de leur province au sein du pays.
En visite dans la bibliothèque du Parlement, M. Carney s’est servi de l’image du vaste chantier en cours sur la colline parlementaire pour lancer son message aux Albertains.
Le bâtiment du parlement, comme notre pays, est en rénovation. Une grande rénovation afin de rendre le meilleur pays du monde encore meilleur, a-t-il expliqué, et c’est possible avec le fédéralisme coopératif.
La première ministre albertaine, Danielle Smith, a annoncé la veille qu’une question sur la présence de la province au sein du Canada sera posée aux électeurs le 19 octobre prochain. La question portera sur la volonté de déclencher un processus de séparation, et non sur la séparation en elle-même.
Mark Carney s’est engagé à travailler avec tous les parlementaires, y compris le chef de l’opposition, les députés de l’Alberta, la première ministre de l’Alberta et tous les Albertains afin de rendre une Alberta plus forte, plus résiliente, plus prospère au sein d’un Canada fort.
Il a rappelé les grandes lignes de son entente conclue avec la province la semaine dernière, qui jette les bases pour la construction d’un éventuel pipeline vers le Pacifique et qui assouplit les objectifs de tarification industrielle du carbone, ainsi que ses autres initiatives dans les autres provinces et territoires.
Une question « déroutante »
Le premier ministre n’a cependant pas dit un mot sur la question qui sera posée aux Albertains en octobre prochain, qui est en quelque sorte un référendum sur la tenue d’un référendum.
Son député de Calgary Confederation, Corey Hogan, a pourtant sévèrement critiqué cette démarche de la première ministre Albertaine. Cette question déroutante, qui revient à organiser un référendum sur un référendum, ne permettra en rien de régler quoi que ce soit, a-t-il écrit dans une déclaration après le discours télévisé de Mme Smith.
Elle ne fait qu'ajouter à la confusion. Elle va diviser. Elle va détourner l'attention. Elle va causer du tort, a-t-il ajouté, lui demandant de revenir sur sa décision.
La question se lira comme suit :
L'Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l'Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin de tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l'Alberta doit ou non se séparer du Canada?
Mark Carney a répété, dans les dernières semaines, qu’un référendum sur la souveraineté, qu’il soit au Québec ou en Alberta, devrait être conforme à la loi sur la clarté référendaire. Cette loi prescrit qu’une négociation sur la sécession ne peut avoir lieu que si la Chambre des communes juge que la question et la majorité ne sont pas ambigües.
Or, selon l’auteur de cette loi, l’ancien ministre Stéphane Dion, la question qui sera sur le bulletin de vote ne déclenchera pas cette loi.
Ce n’est que si un deuxième référendum était tenu, lequel porterait sur la sécession, que la Chambre des communes devrait se prononcer sur la clarté de la question, a-t-il analysé dans une lettre ouverte dans La Presse.


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