Enfin, le regard embrasse la vallée de Chamonix et les deux massifs qui se font face, le Mont-Blanc et les Aiguilles rouges, dans la lumière de fin de journée. Nous avons posé nos sacs au refuge du col de Balme à 2200 mètres d’altitude, après une ascension éreintante, en partie sous le soleil brûlant, depuis le village de Vallorcine. Le paysage de montagnes couvertes de glaciers, dominant les minuscules maisons humaines, tout en bas, est saisissant. Je me sens moi aussi toute petite, et en même temps géante, à pouvoir couvrir des yeux tant d’immensité. «Nature grandiose!» ai-je envie de crier.
Combien d’hommes et de femmes ont contemplé eux aussi un soir d’été la même vue plongeante et éprouvé les mêmes sentiments? Etaient-ils émerveillés comme nous aujourd’hui, ou peut-être intimidés par tant de grandeur, voire inquiets, face au danger potentiel encouru en marchant sous les hauts escarpements?


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