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Après le cas Bally Bagayoko, l’association anticorruption demande désormais à la justice d’examiner tout un système.
La procédure, annoncée le 12 août 2026, prolonge une première plainte visant notamment Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis et salarié de la RATP. Cette fois, l’association ne s’intéresse plus seulement à son parcours. Elle demande à la justice de regarder l’ensemble du dispositif qui aurait permis à des responsables politiques de toutes tendances d’être rémunérés par la régie.
Des postes sans activité réelle selon la plainte
AC!! Anti-Corruption évoque un « système organisé et structuré d’emplois fictifs et non d’actes isolés ». Certains élus auraient occupé des postes « sans activité réelle, parfois sans présence, parfois sans fiche de poste identifiable ». La plainte porte principalement sur des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme, ainsi que de faux et usage de faux.
L’ancien juge Éric Halphen, président d’honneur de l’association, résume l’objectif : « Ce qui nous intéresse, c’est le système qui a pu exister à un moment donné au sein de la RATP, avec un certain nombre d’emplois que l’on pourrait qualifier de complaisance. » L’association souhaite que le PNF vérifie ces pratiques présumées. À ce stade, le dépôt d’une plainte ne vaut ni ouverture automatique d’une enquête ni preuve de culpabilité.
Bally Bagayoko, premier nom cité
La première plainte faisait suite aux informations du Canard enchaîné sur le parcours de Bally Bagayoko. Le journal relatait son cumul entre un poste de cadre à la RATP et plusieurs mandats locaux. Il évoquait notamment des horaires particulièrement souples et un salaire dépassant ensuite 6 000 euros mensuels, treizième mois et primes compris.
La plainte initiale demandait notamment de vérifier l’existence d’une autorisation de cumul et la présence effective de l’élu à son poste. Bally Bagayoko rejette l’offensive, qu’il présente comme une tentative de le « discréditer politiquement ». Il affirme que son mandat était exercé dans le respect du cadre légal.
La RATP dément et se dit prête à fournir ses documents
La RATP conteste fermement l’existence d’emplois de complaisance. Elle assure respecter les règles permettant aux salariés de concilier activité professionnelle et mandat local. Concernant Bally Bagayoko, la régie affirme qu’il a été recruté en 2001 après des entretiens d’embauche et de titularisation comparables à ceux des autres agents.
L’entreprise dirigée par Jean Castex promet de remettre à la justice les pièces demandées si le parquet décide de se saisir du dossier. Les usagers, eux, découvriront peut-être qu’il existe à la RATP des lignes invisibles : aucun quai, aucun horaire, mais éventuellement un salaire à l’arrivée. Il appartient désormais au PNF de décider si ce réseau présumé mérite une inspection.


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