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TRIBUNE - Dix ans après le référendum du 23 juin 2016, le Royaume-Uni est secoué par d’importantes émeutes anti-immigration et son premier ministre vient de démissionner. Cette fois, ce n’est pas l’Europe que cible la colère populaire, mais les élites, coupables d’avoir trahi la promesse de « reprendre contrôle », analyse l’historien.
Passer la publicitéKeir Starmer, qui vient de remettre sa démission, est le sixième premier ministre à quitter le pouvoir depuis le Brexit. Son départ coïncide, à un jour près, avec le dixième anniversaire du vote historique des Britanniques en faveur du retrait de l’Union européenne. C’est peu de dire, dans un cas comme dans l’autre, qu’il n’y a pas de quoi célébrer. D’ailleurs, le référendum du 23 juin 2016, qui a sidéré le pays, n’est plus guère évoqué dans le débat public si ce n’est pour en déplorer les résultats.
Interrogés récemment, 62 % des Britanniques jugeaient que le Brexit était un échec. Depuis quelques années, une nette majorité (et 68 % des moins de 34 ans) se dit favorable au retour en Europe. Quant aux classes populaires, que la campagne du « leave » avait enfumées par des promesses mirifiques - souveraineté, dignité, emplois, redistribution des richesses nationales -, elles expriment aujourd’hui leur exaspération en reportant leurs suffrages sur le parti Reform UK, de Nigel Farage…


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