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Québec songe à prendre la gestion du parc national Forillon

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Le gouvernement provincial envisage la possibilité de reprendre la gestion du parc national Forillon, mais attend toujours la position d'Ottawa dans ce dossier.

En vertu du bail de 99 ans offert par le provincial au fédéral en 1970 pour la création du parc national à Gaspé, une clause de résiliation est envisageable après 60 ans, donc en 2030.

Le gouvernement de la CAQ devait faire connaître ses intentions cinq ans avant cette échéance, ce qui a été fait il y a près d’un an.

Toutefois, le député de Gaspé, Stéphane Ste-Croix, s’explique mal que son gouvernement n’ait pas eu de retour du fédéral depuis bientôt un an.

On a eu une réaction du cabinet de madame la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, qui nous laisse un peu pantois, très honnêtement, sur les relations de Parcs Canada dans notre milieu et nous, notre intention c’est d’avoir des faits, des informations, pour prendre une décision éclairée, explique le député de Gaspé.

Stéphane Ste-Croix à l'extérieur au centre-ville.

Le député de Gaspé Stéphane Ste-Croix

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Il y aurait deux scénarios sur la table : que Québec rachète les actifs depuis sa création ou que le fédéral s’entende à nouveau avec le provincial pour rester gestionnaire, en échange, par exemple, d’une compensation financière.

Et si jamais on décide de se rendre au bout du processus, on va s'asseoir avec les parties prenantes et on va établir une feuille de route convenable pour l’ensemble des parties, ajoute Stéphane Ste-Croix.

Parmi ces parties prenantes, la nation migm’aw Gespeg, cogestionnaire du Parc, et le Regroupement des personnes expropriées de Forillon et leur descendance.

La Maison Joseph-Gavey.

La grange Joseph-Gavey, qui était tout juste à droite de la maison, a dû être déconstruite pour des raisons de sécurité avant de lancer les travaux de restauration qui devraient être complétés à l'été 2026.

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Le Regroupement penche pour la continuité dans la gestion du parc, alors que les expropriés travaillent de concert avec Parcs Canada depuis plus de dix ans et pour la reconnaissance de leurs droits, la préservation du patrimoine bâti comme la mise en valeur de la Maison Joseph-Gavey, l’un des symboles de la présence humaine pour informer les touristes de passage.

Donc, c’est une certaine inquiétude de voir cette possibilité de transfert, parce qu’on travaille en étroite collaboration avec la direction de Forillon et il est très important que le gouvernement continue d’investir pour le maintien des bâtiments et ça représente notre mémoire et ça prend de gros budgets pour rénover des bâtiments qui ont été abandonnés durant une cinquantaine d’années, explique la présidente du regroupement, Hermeline Smith.

Il y a aussi que ce dossier de transfert ravive des blessures encore présentes chez les expropriés de première et de deuxième génération.

Une maison qui brule.

Maison brûlée pour créer le Parc national Forillon en 1970.

Photo : Gracieuseté : Aryane Babin

Pour créer le premier parc national fédéral au Québec à l’époque, 225 familles ont été expropriées, des maisons ont été brûlées et 1800 propriétaires n’ont eu d’autre choix que de céder leur terrain.

De la façon dont ç’a été fait, c’était très inhumain et ç’a amené l’éclatement surtout des familles qui sont éparpillées un peu partout. Il y en a qui ont déménagé en Ontario et même dans l’Ouest canadien, se désole l’expropriée Hermeline Smith.

Gespeg et les expropriés doivent être la priorité, selon Gaspé

Le maire, Daniel Côté, se demande pourquoi la nation Gespeg et le Regroupement des personnes expropriées de Forillon n’ont pas encore été impliquées dans les discussions.

Je pense que la première des choses, avant de se mettre à une table de négociations fédéral-provincial, c’est d’avoir l’opinion et l’avis des principaux concernés pour savoir ce qu’ils en pensent avant toute chose, croit le maire Côté.

Daniel Côté à son bureau.

Le maire de Gaspé ne voit pas, par contre, l'urgence de rouvrir ce débat sur la propriété future du Parc national Forillon.

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, il estime que la gestion du parc devrait rester entre les mains d’Ottawa, à moins que le gouvernement provincial lui fasse la preuve du contraire.

Si on remonte au contexte d’il y a 10 ou 12 ans, le milieu était en guerre avec Parcs Canada qui avait sous-investi en 50 ans, on voyait les statistiques d’achalandage qui étaient en baisse constante et il n’y avait aucune promotion touristique qui était faite. Mais si on regarde depuis, il y a eu des investissements colossaux en maintien des actifs et en développement de l’offre touristique, alors est-ce qu’on doit leur couper l’herbe sous le pied demain matin?

En 2025, 188 000 visiteurs se sont arrêtés à Forillon, un record d’achalandage en 25 ans. En fait, la fréquentation dans le parc national a plus que doublé depuis 2012.

Au moment d’écrire ses lignes, il avait toujours été impossible d’obtenir une réponse du cabinet de la ministre fédérale de l'Environnement et responsable de Parcs Canada, Julie Dabrusin, pour connaître les intentions du gouvernement Carney dans ce dossier.

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