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Avant de pouvoir conduire des poids lourds sur les routes québécoises, les conducteurs ontariens ayant moins de deux ans d’expérience devront dorénavant passer des examens pratiques « pour s’assurer de leurs compétences ». Cette nouvelle mesure temporaire mise en place par Québec prend effet dès jeudi.
Si ces conducteurs de l’Ontario « souhaitant s’établir au Québec et échanger leur permis autorisant la conduite de véhicules lourds de la classe 1 » se retrouvent avec deux échecs aux examens pratiques, ils seront forcés de suivre la formation obligatoire que doivent suivre les aspirants conducteurs de poids lourds québécois depuis décembre 2025.
La mesure a été annoncée jeudi et survient dans la foulée de l’enquête publique sur les décès à la suite de collisions impliquant des camions lourds. C’est la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui s’occupera du processus d’examen.
« Cette mesure temporaire fait suite au rapport d’audit publié le 12 mai par le vérificateur général de l’Ontario sur les permis de conduite commerciaux », détaille ensuite le communiqué. « Le rapport met en lumière le besoin de renforcer l’encadrement des programmes de formation et de délivrance de permis afin d’assurer une qualification adéquate des conducteurs sur les routes. »
Plusieurs entreprises de camionnage, principalement ontariennes, utilisent le modèle des « chauffeurs inc. » où des conducteurs parfois non qualifiés sont embauchés « à rabais » pour des livraisons à travers le Canada. Certains d’entre eux ont été impliqués dans des accidents de la route au Québec.
« Nous désirons s’assurer de la qualification des personnes circulant sur nos routes », soutient le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, dans son communiqué.
L’ACQ « salue » la mesure
Qualifiant l’initiative de « premier bouclier », l’Association du camionnage du Québec (ACQ) l’a saluée jeudi. « Nous savons que de nombreux conducteurs incorporés et leurs employeurs sévissent dans la région de l’Ontario, cette mesure est un premier bouclier pour protéger nos entreprises, leurs conducteurs et tous les usagers de la route, a écrit le p.-d.g. de l’ACQ, Marc Cadieux, par voie de communiqué.
« Les exigences de sécurité de notre industrie doivent demeurer une priorité absolue, sans exception ni compromis », affirme celui qui a fait de la lutte contre ces « chauffeurs à rabais » son cheval de bataille.
En plus de l’examen désormais obligatoire pour certains conducteurs ontariens, Québec a mis en place jeudi une « table de travail » visant à « élaborer une approche concertée sur le renforcement des exigences en sécurité routière concernant la conduite de véhicules par les travailleurs étrangers temporaires ».
L’objectif annoncé est d’augmenter le nombre de travailleurs qui conduisent de manière sécuritaire et de proposer des « modifications réglementaires ». Des représentants de ministères, d’organismes, de l’industrie et d’associations qui « embauchent ou accompagnent des travailleurs étrangers temporaires » composent cette table de travail.


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