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À Montréal, Gatineau et Québec, le gouvernement Fréchette met en place une nouvelle trajectoire de soins pour des personnes en situation d’itinérance vivant avec de graves problèmes de dépendance. Elles seront orientées vers des traitements, puis vers un logement adapté.
Parallèlement, Québec a également annoncé jeudi investir dans un projet pilote de 1000 logements subventionnés répartis dans ces trois villes. L’objectif : éviter que des personnes à risque d’expulsion ne se retrouvent à la rue.
Dans le cadre du premier volet, des intervenants iront à la rencontre de personnes sans-abri aux prises avec une dépendance sévère. Le but est de les repérer notamment dans les services de consommation supervisée, les hôpitaux ou les hébergements temporaires, afin de les prendre en charge.
« Quelqu’un qui, par exemple, consomme, fait un arrêt respiratoire et va à l’urgence, normalement, dès qu’il se réveille, on le renvoie à la rue. C’est l’exemple flagrant de ce à quoi veut mettre fin », explique Lionel Carmant, ministre responsable des services sociaux et de la lutte contre l’itinérance, en entrevue.
Des lits seront ainsi réservés dans certains centres de réadaptation en dépendance pour ces personnes. Elles recevront un suivi individuel assuré par un médecin et une équipe multidisciplinaire, dont la durée sera définie en fonction de leurs besoins. Une fois stabilisées, elles pourront être orientées vers un logement abordable adapté et continueront d’être accompagnées.
L’initiative, qui devrait être déployée dans les prochaines semaines, vise environ une soixantaine de personnes par année, selon le ministre Carmant. « C’est un petit nombre de personnes, mais qui ont un immense impact sur la cohabitation », souligne-t-il.
Ce nouveau volet s’inscrit dans le programme PRISM (Projets de réaffiliation en itinérance et en santé mentale), déjà implanté notamment à Gatineau, à Montréal et à Québec. Le gouvernement Fréchette investira 7 millions de dollars dans cette nouvelle initiative en dépendance.
Lionel Carmant souhaite éventuellement étendre le projet à l’ensemble du Québec, sans échéancier précis pour l’instant. « Malheureusement, il y a beaucoup de régions qui encore au Québec n’ont pas de lits dans leurs centres de réadaptation en dépendance. C’est quelque chose qu’il faut réinvestir. »
Prévenir l’expulsion
Le gouvernement souhaite aussi intervenir plus tôt pour prévenir l’itinérance. « La cause principale est souvent la perte d’un logement. On doit agir à la source et c’est ce qu’on va faire », a soutenu la première ministre Christine Fréchette, en point de presse à Québec.
Le gouvernement injectera donc 21 millions de dollars sur trois ans afin de financer un projet pilote de 1000 logementsà Montréal,Québec et Gatineau, dans le cadre du Programme de supplément au loyer en prévention (PSLP).
Le principe est de permettre à des personnes à risque d’itinérance de conserver leur logement actuel en le convertissant en logement subventionné. Les bénéficiaires ne paieraient alors que 25 % de leur revenu en loyer, tout en recevant un accompagnement pour éviter une expulsion.
Ce projet va faire « une différence énorme », estime le ministre Carmant. « Avant, les services sociaux ne pouvaient trouver que des solutions pour sortir les gens de l’itinérance. Là, on a une solution pour fermer le robinet. »


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