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Québec dit prendre «au sérieux» l’enjeu des pénuries d’eau potable

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La ministre de l’Environnement du Québec, Pascale Déry, assure que le gouvernement caquiste prend « très au sérieux » les inquiétudes sur l’accès à l’eau potable soulevées par des élus municipaux et des organismes environnementaux. Ceux-ci réclament la tenue d’un examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour analyser ce problème déjà identifié par les experts et qui prendra de l’ampleur en raison de la crise climatique.

« Bien que la question de la pénurie en eau ne soit pas généralisée sur tout le territoire, on est conscients que l’enjeu demeure préoccupant dans certaines régions selon les variations de saison », a fait valoir lundi le cabinet de la ministre Déry, en réaction à la lettre envoyée au gouvernement de Christine Fréchette le 5 juin par la Société de conservation et d’aménagement des bassins-versants de la zone Châteauguay (SCABRIC).

La missive souligne que les « pénuries d’eau » sont devenues « un enjeu majeur » et que « la pression sur la réserve ne cesse d’augmenter et l’inquiétude des citoyens, tout à fait légitime, est palpable ».

Pour mieux comprendre l’ampleur du problème et trouver des solutions, on réclame du même souffle la tenue d’un BAPE qui serait dédié à cette question. Cette lettre, publiée dans La Presse lundi et transmise au Devoir, a été appuyée par des groupes environnementaux, les MRC de la Montérégie et la Ville de Longueuil.

La question de la « surconsommation »

Appelée à réagir à la demande d’un BAPE, la ministre Pascale Déry a refusé de prendre un engagement formel. « Est-ce que le BAPE est le meilleur outil pour se pencher sur les solutions qui permettront de mieux gérer la ressource ? C’est ce qu’on va évaluer. L’eau est notre plus grande richesse collective, on prend l’enjeu très au sérieux et on y travaille actuellement », a-t-elle fait valoir.

La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, estime elle aussi que la question de l’eau est plus importante que jamais.

« C’est un enjeu sur lequel nous n’avons pas mis beaucoup l’emphase dans les dernières années, et pourtant, c’est un enjeu qui cause énormément d’inquiétudes dans les communautés », a-t-elle souligné lundi.

Mme Fournier a aussi indiqué qu’au-delà de la question de la protection des nappes phréatiques et des investissements nécessaires dans les infrastructures municipales, il importe également de « se poser la question des usages qu’on fait de l’eau » et de réfléchir à la « surconsommation » de cette ressource.

Selon les plus récentes données officielles disponibles, les Québécois consomment en moyenne 245 litres d’eau par jour par personne pour le seul secteur résidentiel. Cette quantité est plus élevée que la moyenne canadienne (220 litres) et que la moyenne de l’Ontario (184 litres), mais aussi nettement plus élevée que celle d’un citoyen en France (130 litres).

Pénuries à venir

Dans un contexte de crise climatique qui s’aggrave, faute d’une action ambitieuse pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, le Québec sera davantage vulnérable aux inondations, mais aussi aux périodes de fortes baisses des niveaux d’eau, prévenait dès 2022 le rapport Perspectives régionales, financé par le gouvernement fédéral et rédigé principalement par des experts d’Ouranos.

Ces épisodes « plus sévères et plus longs » risquent d’« affecter la disponibilité et la qualité » de l’eau potable au Québec.

« L’augmentation des étiages, notamment dans le fleuve Saint-Laurent, pourrait causer des dégâts considérables compte tenu du fait que ce fleuve est la source d’approvisionnement en eau potable de près du tiers de la population québécoise. » Le manque d’eau risque aussi d’avoir des répercussions impact sur l’irrigation des terres agricoles et sur la navigation commerciale.

« Une telle situation s’ajouterait aux nombreuses pressions anthropiques déjà existantes, telles que l’industrialisation, l’urbanisation, les activités agricoles, la villégiature et l’absence ou l’insuffisance de certains systèmes de traitement des eaux usées qui, au fil des ans, ont détérioré la qualité des eaux », affirme-t-on dans le document.

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