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La chaleur est associée à une baisse des naissances en France et en Italie, selon deux nouvelles études. Chaque journée où la température moyenne atteint 25°C ou plus est liée à environ 360 naissances de moins en France et à environ 192 de moins en Italie. La baisse apparaît neuf à dix mois après l'exposition à la chaleur. Ce calendrier laisse penser que les conceptions sont moins nombreuses pendant les mois chauds.
La chaleur peut nuire à la santé reproductive des hommes comme des femmes, ce qui pourrait se traduire par moins de grossesses. Elle peut aussi modifier le comportement sexuel des gens, et les deux explications sont possibles.
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La France et l'Italie ne sont pas les premiers pays où les chercheurs ont observé ce phénomène. Des études similaires menées aux États-Unis, en Corée du Sud, en Espagne et à l'échelle de l'Europe ont elles aussi trouvé un lien entre chaleur et baisse des naissances. À mesure que les preuves s'accumulent, cela ressemble de moins en moins à une particularité de quelques pays.
Des études antérieures menées aux États-Unis et en Hongrie avaient constaté qu'une partie des naissances manquantes étaient « rattrapées » dans les mois suivant le creux, comme si les couples avaient simplement repoussé l'arrivée d'un bébé. Mais les études française et italienne n'en voient aucun signe: dans ces deux pays, certaines naissances pourraient donc être définitivement perdues au lieu d'être reportées à une autre période de l'année.
Un climat qui se réchauffe face à une Europe vieillissante
L'Italie et la France voient déjà leur natalité reculer, si bien que chaque naissance perdue a de l'importance. L'Italie a été l'un des premiers pays à passer sous le seuil de 1,30 enfant par femme, dès le début des années 1990. Les démographes parlent de «fécondité extrêmement basse» (lowest-low fertility en anglais), ce qui fait vieillir une population rapidement.
La France a conservé plus longtemps que bon nombre de ses voisins une fécondité plus élevée. Mais les naissances y ont reculé de 24% entre 2010 et 2025, selon des chercheurs de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), et se situent désormais bien en dessous du niveau nécessaire pour stabiliser la population.
Dans le même temps, l'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite. Les climatologues estiment que certaines de ses régions sont devenues des «points chauds régionaux de canicule», la chaleur arrivant plus vite que ne le prévoyaient les modèles climatiques.
La Méditerranée est particulièrement exposée, et en Italie, les températures annuelles moyennes ont augmenté de près de 2 °C au cours des soixante dernières années –un rythme de réchauffement supérieur à la moyenne mondiale.
L'Europe a connu cet été plusieurs vagues de chaleur longues et sévères, et Météo-France a indiqué que celui de la France était le plus chaud depuis le début des mesures, en 1900. Si la chaleur réduit bel et bien les naissances, l'effet frapperait le plus durement les pays où la fécondité est déjà faible et où les populations vieillissent rapidement. Cela donne au changement climatique une place dans les politiques familiales et démographiques.
Ce que l'on sait et ce que l'on ignore
Il n'en reste pas moins que ces études ont des limites quant à ce qu'elles peuvent nous apprendre des effets de la chaleur sur les taux de natalité. Les deux études tiennent compte des cycles annuels habituels des naissances et des températures, aux niveaux régional et national. Mais comme elles portent sur des populations entières au fil du temps, elles permettent moins clairement d'établir si la chaleur elle-même provoque une baisse des naissances que ne le font des études comparant des personnes dans des conditions soigneusement contrôlées.
Les études s'appuient aussi sur des données de décennies passées. Le climat changeant rapidement, le lien entre chaleur et naissances pourrait déjà être différent aujourd'hui, et il pourrait encore évoluer à l'avenir.
Les deux nouvelles études estiment que le lien est réel mais assez faible. L'évolution des normes familiales et les soucis d'argent restent les principales explications de la baisse de la fécondité en Europe. Mais si les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents et plus intenses, le changement climatique pourrait jouer un rôle plus important dans les années à venir.
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Raya Muttarak est professeur de démographie à l'université Bocconi.
Federica Querin est professeur de démographie et de politique sociale à l'université de Bologne.
Sophia Noel est doctorante en sociologie à Sciences Po.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.





























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