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La plateforme crypto permettant de miser de l’argent sur des événements réels draine des millions de dollars depuis le début de la guerre en Iran.
Passer la publicité Passer la publicitéUne nouvelle polémique secoue l’univers déjà controversé des marchés prédictifs en ligne. Polymarket, principale plateforme crypto - interdite en France - permettant de miser de l’argent sur l’issue d’événements réels, a retiré mardi un pari particulièrement choquant : celui évaluant la probabilité qu’une détonation nucléaire survienne d’ici à la fin de l’année. Alors même que la tension géopolitique est au plus haut dans le monde depuis le début de l’attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran samedi, ce genre de spéculations a suscité un tollé sur les réseaux sociaux.
Intitulé «Nuclear weapon détonation by…?» («Détonation d’une arme nucléaire d’ici… ?»), ce lugubre pari, désormais archivé, invitait les utilisateurs à miser sur plusieurs échéances : le 31 mars, le 30 juin et avant 2027. Avant sa suppression, la page avait généré un volume d’échanges d’au moins 650.000 dollars, rapporte le site spécialisé The Block . Plus tôt dans la journée, Polymarket avait même affirmé sur X que son marché évaluait à 22% la probabilité d’une détonation nucléaire en 2026. Le message a depuis été supprimé.
Cela n’empêche toute une série paris de continuer à drainer d’importantes sommes d’argent en ce cinquième jour de conflit au Moyen-Orient. «Le régime Iranien va-t-il tomber avant le 30 juin?», «Un cessez-le-feu d’ici au...?», «Le prochain guide suprême iranien sera ?», peut-on notamment lire en tête de site. Fin février, le pari «Les États-Unis frappent l’Iran d’ici le...?» est même devenu l’un des plus gros contrats de l’histoire sur Polymarket, avec 529 millions de dollars misés, avant qu’il ne soit fermé après les premières frappes samedi matin.
Divulgation d’informations sensibles
Au-delà de l’aspect éthique, l’épisode relance un débat plus large : celui du risque d’exploitation d’informations sensibles par certains utilisateurs. Le 28 février, la société d’analyse Bubblemaps a par exemple pointé du doigt six comptes ayant réalisé un bénéfice de 1,2 million de dollars, grâce à des mises sur Polymarket dans les heures précédant les raids américains. Au-delà de la distorsion spéculative, les risques peuvent être considérables d’un point de vue sécuritaire : en Israël, un réserviste et un civil ont par exemple été mis en examen le mois dernier pour «infractions graves à la sécurité», après avoir parié sur des frappes à venir sur la plateforme, rapporte le site The Times of Israël.
Interdite dans plusieurs pays, dont la France, la plateforme Polymarket reste accessible via son site international. Elle attire aujourd’hui un public croissant, les marchés prédictifs prospérant notamment sur la multiplication des crises géopolitiques. Régulièrement sous le feu des critiques pour ce que beaucoup perçoivent comme une monétisation immorale des malheurs humains, elle pourrait bientôt faire l’objet d’une régulation plus stricte outre-Atlantique : la semaine dernière, six sénateurs américains ont exhorté la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), une agence fédérale de régulation des bourses de commerce, à interdire les contrats de prédiction liés au décès d’une personne.


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