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France 13/10/2026 06:15 Actualisé le 13/10/2026 09:31
De nouvelles manifestations étudiantes et lycéennes sont prévues ce mardi 13 octobre, notamment à Paris, alors que le gouvernement affirme que le mouvement « recule nettement ».
Par Timothée Barnaud avec AFP

PAULINE TOURNIER / Hans Lucas via AFP
Un nouvel appel à la manifestation a été lancé pour ce 13 octobre 2026 par les lycéens, entre la place d’Italie et les Invalides. (Photo d’illustration de la mobilisation du 6 octobre)
Estimant n’avoir reçu « que des miettes », des lycéens et étudiants ont repris des blocages ce mardi 13 octobre au matin avant une nouvelle journée nationale de manifestations, alors que le gouvernement espère, lui, une décélération du mouvement.
Pour cet « acte V », les revendications restent les mêmes, notamment la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros dans les lycées, alors qu’une nouvelle réunion doit se tenir dans la semaine au ministère de l’Éducation nationale. Le HuffPost fait le point.
· Qu’attendre de la mobilisation ?
À Paris, la manifestation étudiante et lycéenne s’élancera à 14 heures de la place d’Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l’Éducation. « Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher », a annoncé l’Union étudiante sur X, alors que des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Dans la capitale, un appel à une autre manifestation, de l’Hôtel de ville vers Matignon, non déclarée, circule sur les réseaux, notamment porté par la Fédération Syndicale Étudiante. D’autres manifestations sont prévues dans le reste du pays, que ce soit à Rennes, Poitiers, Toulouse, Lyon ou Marseille.
Les blocus continuent également en parallèle, avec autour de 200 établissements scolaires fermés ce mardi, selon le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray qui a évoqué sur France Inter une « décrue par rapport aux semaines précédentes ».
De source policière, entre 130 000 et 200 000 personnes sont attendues au total mardi dans les rues. Mardi dernier lors de la première journée de manifestations, entre 266 000 (selon les autorités) et 450 000 personnes (selon les organisateurs) avaient été recensées dans l’Hexagone, dont entre 56 000 et 100 000 dans la capitale.
Les manifestants espèrent notamment faire la jonction avec la mobilisation « contre la vie chère », prévue ce samedi 17 octobre au premier jour des vacances de la Toussaint. « Le 17, c’est la réunion des causes, il ne va pas y avoir que nous, il y aura des mères et des pères de famille, des travailleurs qui vont nous rejoindre, donc c’est très important », anticipe Félix Nifaut, en terminale à Muret, près de Toulouse.
· Six syndicats de l’Éducation nationale en grève
L’intersyndicale de l’Éducation nationale a de nouveau appelé à rejoindre le mouvement et les manifestations ce mardi. Dans un communiqué, les six syndicats (FSU, Unsa Éducation, FNEC FP-FO, CFDT, CGT Educ’action et SUD Éducation) affirment que « le mouvement social est aujourd’hui en position de force », et que le Premier ministre Sébastien Lecornu « n’a rien annoncé de concret ».
« Tout en étant toujours aux côtés des lycéennes et des lycéens mobilisés, nous appelons désormais aussi les personnels à se mobiliser sur la base de nos revendications », poursuivent-ils, appelant notamment à l’« annulation des suppressions d’emplois prévues au budget 2027 » et la « création des postes nécessaires », une « augmentation des salaires sans contreparties » ou encore un « plan de rénovation du bâti scolaire ».
La centrale de la CGT a également affirmé qu’elle sera de nouveau « au rendez-vous pour protéger cette mobilisation qui est d’intérêt général », a déclaré ce lundi sa secrétaire générale, Sophie Binet.
· Le mouvement « recule nettement », selon le gouvernement
De son côté, le gouvernement dit constater une décélération du mouvement. « Le mouvement recule donc nettement (...) avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits », affirme le ministère, qui affirme également que les « violences s’intensifient » avec encore « au moins huit personnels » de l’Éducation nationale blessés lundi, notamment dans les académies de Créteil, Bordeaux et Lyon.
« L’école, c’est sacré. On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à l’institution scolaire », a lancé le ministre de l’Éducation Édouard Geffray à Aubagne (Bouches-du-Rhône) où le principal d’un collège et une professeure ont été blessés par balles, sans lien avéré avec le mouvement lycéen.
« Le blocage au quotidien, ce n’est pas tenable », juge de son côté Anton Pichon, cheville ouvrière du mouvement à Toulouse. Désormais, « il faut se concentrer sur les jours où il y a un enjeu, c’est une inflexion stratégique pour garder l’adhésion, le soutien des parents, des enseignants, des gens », assure le lycéen de 16 ans.
· Emmanuel Macron appelle au « calme »
La mobilisation doit se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens », a demandé le président Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen.
Après avoir privilégié une réponse de maintien de l’ordre face à la multiplication de scènes de violence et d’affrontements - un mineur a notamment eu une main arrachée à Lens, un autre a perdu un œil à Tours - le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes.
Édouard Geffray a promis que 3 000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique. Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce « déploiement a commencé ».
Dans l’espoir de faire redescendre la mobilisation, le ministre de l’Éducation nationale doit recevoir de nouveau ce jeudi les principales organisations lycéennes (l’Union syndicale lycéenne, Renouveau Lycéen et Lycéens !).


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