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Ce sont des chiffres inquiétants. S'ils sont rendus publics aujourd'hui, ce n'est pas le fruit du hasard, mais en raison de l'inquiétude du secteur belge des fonds de capital-risque à l'égard des discussions budgétaires toujours en cours au sein du gouvernement de Bart De Wever.
Communiqués à La Libre par Private Capital Belgium (la fédération du secteur belge du capital-investissement et du capital-risque), les chiffres dont il est question sont des données provenant d'Invest Europe. Ils permettent d'évaluer le poids des fonds belges de "private equity" (PE) et de "venture capital" (VC) sur la scène européenne.
Un tiers de capitaux en moins
Il ressort de ces données que les fonds belges de PE/VC ont levé 1,2 milliard d'euros en 2025. Par rapport à 2024, la chute atteint 29 %. À l'échelle européenne, les levées de fonds ont, au contraire, progressé de 16 % sur la même période, atteignant 147 milliards d'euros.
Par rapport à 2019, il apparaît que la part de la Belgique dans les levées de fonds européennes est passée de 1,8 % en 2019 à 0,8 % l'année dernière. Autrement dit, la part de la Belgique dans les levées de fonds de capital-risque en Europe a diminué de plus de moitié sur une période de six ans.
"Les capitaux qui ne sont pas levés aujourd'hui ne pourront pas être investis demain dans les entreprises belges."
Enfin, au cours de la même période, les fonds belges ont levé en moyenne 121 millions d'euros, soit près d'un tiers de moins que la moyenne européenne de 174 millions d'euros.
Or, comme le rappelle Jan Alexander, secrétaire général de Private Capital Belgium, les levées de fonds constituent un indicateur avancé de l'économie belge. "Les capitaux qui ne sont pas levés aujourd'hui ne pourront pas être investis demain dans les entreprises belges", synthétise-t-il.
Un moteur de croissance qui se grippe
Le secteur du capital-investissement et du capital-risque constitue un des moteurs importants de l'économie belge. Aujourd'hui, 961 entreprises belges, dont 795 PME, comptent un investisseur en capital-investissement ou en capital-risque parmi leurs actionnaires. Ensemble, elles emploient 191 225 personnes, soit 4 % de la population active belge. En 2024, ces entreprises ont enregistré une croissance de 8 %, contre 0,5 % pour l'ensemble des entreprises belges. Des entreprises en croissance comme Odoo, Techwolf, Deliverect et Lighthouse ont pu se développer grâce au capital-risque.
Financement de la tech belge : faut-il s'inquiéter de la chute des levées de fonds en 2025 ?Aujourd'hui, ce moteur est fragilisé par le manque de stabilité, de prévisibilité et de clarté fiscale, considère Private Capital Belgium. Face à l'instabilité fiscale belge, des fonds envisagent de plus en plus souvent d'établir leurs structures d'investissement à l'étranger.
Soulignant que le secteur contribue de manière substantielle aux recettes budgétaires, Private Capital Belgium prévient l'Arizona que de nouvelles mesures prises lors des discussions budgétaires – le gouvernement De Wever cherche à économiser 10 milliards d'euros dans le cadre de son budget pluriannuel – risquerait de lui porter un coup fatal.
"S'attaquer une nouvelle fois au capital-investissement, ce serait étouffer l'écosystème belge qui favorise l'ambition et l'innovation", affirme Jan Alexander. Et notre interlocuteur d'ajouter en guise de conclusion : "Un taux de 10 % sur les plus-values est acceptable en soi, mais il y a toujours une incertitude sur le "what's next ?", ce qui fait que les gens hésitent à investir ou quittent le pays."
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