NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Trois femmes sont agenouillées près d’une baignoire où est plongée une fillette de trois ou quatre ans, qu’elles s’appliquent à laver, à coiffer et à soigner tout en la pressant de questions. « D’où viens-tu ? Quel âge as-tu ? Comment t’appelles-tu ? » La petite Kenza (Estelle Kenza Dogbo), migrante tout juste rescapée d’un naufrage, a très peu de réponses à fournir à ses bienfaitrices, qui choisissent de la garder auprès d’elles, et de lui offrir une famille et une communauté, en dépit de la loi.
Ces sentiments de solidarité et de combativité sont au cœur de Promis le ciel, un drame nuancé, aussi dur que lumineux, de la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri (Sous les figues, 2022), dans lequel un groupe de femmes ivoiriennes luttent entre pugnacité et espoir dans un contexte tunisien hostile à l’immigration.
Marie (Aïssa Maïga), la matriarche, est une ancienne journaliste qui, depuis son arrivée à Tunis, célèbre mariages et messes en tant que pasteure évangélique dans une maison en ruines qu’elle partage avec ses protégées. En plus de Kenza, elle accueille chez elle Naney (Debora Lobe Naney), une mère qui espère pouvoir légaliser sa situation en Tunisie et gagner assez d’argent pour faire venir sa fille adolescente laissée au pays trois ans plus tôt, et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante en ingénierie, et la seule du trio à détenir un droit de séjour.
Dans une Tunis où sévissent chaque jour racisme, rafles, arrestations et expulsion des membres de la communauté issue d’Afrique subsaharienne, toutes trois s’échinent à faire advenir le rêve évanescent qu’avait esquissé l’exil.
Dans ce film poignant réalisé avec une retenue presque documentaire, Erige Sehiri s’intéresse à une migration invisible aux yeux de l’Occident, celle qui se déroule au sein même du continent africain, et qui touche près de 80 % des migrants — seuls 20 % entreprendront la grande traversée vers l’Europe.
Pour témoigner des violences, de l’insécurité et de l’ostracisation, elle choisit de s’attarder au quotidien de ses héroïnes — travail, appels téléphoniques au pays, conversations à bâtons rompus, sorties en boîtes de nuit — dans un récit choral qui se décline sous la forme de vignettes et d’anecdotes créant une courtepointe éclectique soutenue par le fil ténu de l’espoir.
Présenté en ouverture de la section Un certain regard du Festival de Cannes, le long métrage choisit donc le point de vue de la vie, de celle qui continue, qui doit continuer dans une quête incessante de dignité, malgré une violence en sourdine et une peur qui gruge le ventre. Pour ce faire, la cinéaste et sa directrice photo, Frida Marzouk, adoptent le point de vue des trois protagonistes, emboîtent leurs pas alors qu’elles arpentent une ville aux contours volontairement flous qui leur demeure inaccessible.
Un noyau solidaire
Autour d’elles, le monde se mure dans des teintes de bleu électrique et froid, comme s’il les reléguait à leur statut d’étrangère, les contraignant à avancer dans l’hostilité, les renvoyant constamment à ce noyau solidaire qui se fragilise alors que les revers se multiplient.
Les trois interprètes principales sont magistrales, bouleversantes d’une vérité qui prend sa source dans une expérience vécue. Certaines scènes où la peur, l’abandon et la vulnérabilité sont de mises resteront longtemps dans les esprits, frappant sans aucune forme d’artifice dans le cœur de spectateurs entraînés à l’indifférence et, il faut bien l’admettre après visionnement, à la lâcheté collective. Inoubliable.


1 week_ago
61

























.jpg)






French (CA)