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À la vue de quelques images du film « Projet Dernière Chance », ce n'est pas le réalisme scientifique qui semble être la première préoccupation des réalisateurs. Entre Ryan Gosling en prof à lunettes, le programme accéléré de sélection des astronautes, ce vaisseau inexpérimenté qui part à 11 années-lumière de la Terre et les visions d'apocalypse entre deux scènes de karaoké, tout ne semble pas toujours très sérieux.
Mais, à y regarder d'un peu plus près, il y a bel et bien de la science, et plutôt bien montrée. À vrai dire, rien d'étonnant au vu du roman de base adapté en film, signé Andy Weir, un des grands pontes de la « hard science-fiction » - un courant littéraire où la science futuriste est présentée de manière très réaliste - qui s'était déjà illustré avec les longues et précises descriptions géologiques de Seul sur Mars.
Bande-annonce « Projet Dernière Chance ». © Sony, YouTubeDes microbes mangeurs de Soleil ? Pourquoi pas ?
Pourtant, le postulat du film semble assez irréaliste, avec ces « astrophages », des microbes extraterrestres qui dévorent les étoiles et qui menacent le Soleil. Mais selon des scientifiques de la Michigan State University, cela n'est pas si invraisemblable, étant donné que dans l'hypothèse où des formes de vie extraterrestres existeraient autour de nous, il s'agirait plus probablement de microbes.
Le chercheur Matt Schrenk précise : « Nous avons un seul échantillon de données sur la vie dans l'espace, et c'est ici sur Terre. Mais même là, où nous pouvons prélever des échantillons et étudier la vie qui existe, nous découvrons de nouvelles chances tous les jours à propos des limites de la vie et de la manière dont la vie s'est adaptée et a évolué en contact avec son environnement. »
Ainsi, des microbes terrestres ont bien pu survivre à un voyage dans l'espace lorsqu'ils étaient sur des vaisseaux spatiaux par exemple. Ce qui pousse à parfaitement désinfecter des sondes qui doivent partir sur d'autres planètes, pour ne pas risquer de contaminer Mars ou la Lune, même s'il est peu probable qu'il y ait des traces de vie à polluer.
Et si ces milieux sont considérés, depuis notre point de vue, comme extrémophiles, ce n'est pas pour autant qu'ils sont hostiles à toute forme de vie. Matt Schrenk ajoute : « Notre point de vue est l'eau liquide, la surface terrestre, et les températures tempérées. Nous sommes tellement obnubilés par ce que nous connaissons que nous ne pouvons pas imaginer quelles autres possibilités existent. »
La science bien représentée
De plus, une partie de l'intrigue est basée sur le fait que des formes de vie peuvent exister sans présence d'eau liquide, ce qui est aussi une possibilité sérieusement étudiée par des astrobiologistes à la recherche de vie dans des mondes improbables.
Ryan Gosling dans « Projet Dernière Chance » en scientifique envoyé en mission. © MGM
Et si une bonne partie du film, sans vouloir spoiler, reste extrêmement fantaisiste, cela n'empêche pas de conserver un tissu scientifique assez solide. C'est en tout cas ce qu'en pense Wendy Freedman, astronome interrogée par Science, qui salue le personnage de Ryland Grace incarné par Ryan Gosling : « C'est un vrai scientifique, pas un homme diabolique en blouse blanche. C'est un être humain (...) Il collabore, et la science est avant tout un travail d'équipe, donc j'aime beaucoup comment la science est mise en image dans le film. »


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