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Marine Le Pen, qui a dédiabolisé en quinze ans le FN créé par son père Jean-Marie Le Pen, saura ce 7 juillet si elle a un avenir en politique.
Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 07:05 - Temps de lecture :
Le 31 mars 2025 a été un coup de tonnerre, comme la vie politique en réserve parfois. Ce jour-là, le tribunal de Paris condamne Marine Le Pen à une peine comprenant cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Sans doute beaucoup s’effondre alors en elle, mais elle n’en laisse rien paraître. Ayant compris le sens de la décision avant même que la présidente n’en achève la lecture à l’audience, elle quitte le tribunal, la tête haute, le visage crispé.
Comment Marine Le Pen a-t-elle vécu les quinze mois qui viennent de s’écouler ? L’ancienne présidente du Rassemblement national (RN), celle qui a transformé la formation héritée de son père, Jean-Marie Le Pen, en un parti de masse, encaisse. Et ne dit rien. « Elle ne se croit pas indispensable. Elle a toujours dit qu’elle pouvait passer sous un camion du jour au lendemain », affirme un élu qui la connaît bien.
Mais Marine Le Pen n’est pas femme à se laisser abattre facilement. Car toute sa vie politique n’a été qu’adversité et résilience. Les succès électoraux ont mis des années à arriver. Quand elle succède à son père en 2011, le Front national est infréquentable, miné par les propos de son ancien président pour lesquels il a d’ailleurs été condamné. Marine Le Pen a mis des années à dédiaboliser le parti d’extrême droite. Elle en a lissé l’image, en a policé le vocabulaire, et en a reconstruit la doctrine en gommant le rapport gauche - droite au bénéfice de celui du peuple contre les élites.
Avenir suspendu
La députée du Pas-de-Calais a avancé lentement, mais sûrement. Elle est plusieurs fois tombée et s’est toujours relevée. Qui au soir du débat complètement raté de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017, aurait parié que sa vie politique avait un avenir ?
Cinq ans plus tard, en 2022, elle est à nouveau au second tour de la présidentielle et est battue par Emmanuel Macron avec plus de 58 % des voix. Mais le fait marquant est qu’elle dépasse les 13 millions d’électeurs. En 2002, lorsqu’il avait accédé au second tour, Jean-Marie le Pen avait fait moins de 5 millions de voix.
Marine Le Pen va-t-elle être contrainte, à 57 ans, de laisser sa place alors que le parti s’est normalisé jusqu’à être en tête dans les intentions de vote et donc favori de la prochaine présidentielle ? Devra-t-elle soutenir Jordan Bardella et vivre la campagne dans l’ombre de l’actuel président du RN, qui depuis quelques mois endosse de plus en plus le costume ? « Les juges décideront », dit celle qui fait fi de ce qui lui est reproché. Une façon de se détacher émotionnellement de cette date qui décidera en partie de sa future vie politique.


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