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Présidentielle 2027 en France : pourquoi tant de candidats ont-ils du mal à financer leur campagne ?

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Pour accéder à l'Élysée, il faut d'abord convaincre 500 élus, puis son banquier et enfin les Français ! "À part les dons, limités par ailleurs, seules les banques peuvent financer une campagne présidentielle. Les prêts de particuliers ne peuvent pas financer une campagne présidentielle. Donc, on fait quoi ?", lançait en avril Marine Le Pen sur X, pour dénoncer les difficultés du RN à contracter un emprunt.

En réalité, les prêts de particuliers sont possibles mais ils sont strictement encadrés. Reste que le crédit bancaire demeure déterminant pour financer les campagnes les plus coûteuses.

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Des banquiers échaudés

Plusieurs banques françaises se montrent désormais particulièrement réticentes à financer les campagnes présidentielles, de peur de ternir leur image et, surtout, de ne pas être remboursées. Deux précédents ont durablement refroidi les banquiers. En 2013, le rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy prive l'UMP d'environ 11 millions d'euros de remboursement public attendus : il faudra un "Sarkothon" auprès des militants pour combler le trou. Neuf ans plus tard, Valérie Pécresse chute à 4,78 % au premier tour et ne peut donc bénéficier du niveau de remboursement public réservé aux candidats ayant atteint 5 % des suffrages. Endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros, elle ne parviendra à solder son emprunt qu'après un appel aux dons. Dans les deux cas, les créanciers ont finalement récupéré leur mise. Mais la leçon est restée : même derrière un candidat majeur, le remboursement de l'État n'est pas garanti.

Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole SA et président de la Fédération bancaire française, l'a résumé sans détour : "Quand vous êtes banquier, votre devoir, c'est de prêter de l'argent avec beaucoup de certitude d'être remboursé. Et là, l'aléa est trop important."

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Parmi les prétendants à l'Élysée, tous ne disposent pas des mêmes réserves financières. Gabriel Attal peut s'appuyer sur la situation confortable de Renaissance, qui dispose notamment de plus de 20 millions d'euros après la vente de son ancien siège. Édouard Philippe, tout comme Jean-Luc Mélenchon, disent avoir trouvé un prêteur. Marine Le Pen et Bruno Retailleau cherchent toujours.

Pour le RN, le problème ne tient pas seulement à sa capacité financière à rembourser, car les banques doivent aussi mesurer le risque d'image associé à un prêt au parti. Selon Le Monde, certains établissements craignent qu'un prêt à l'extrême droite provoque le départ de 2 % à 5 % de leur clientèle. Le RN peut toutefois compter sur un financement public annuel d'environ 15 millions d'euros, calculé notamment en fonction de ses résultats aux dernières élections législatives. Lors de précédentes campagnes, le RN a dû solliciter des établissements étrangers : une banque russe en 2014, puis une banque hongroise pour la présidentielle de 2022.

L'État à la rescousse ?

Au cours de l'été, Matignon et les banques ont travaillé sur l'hypothèse d'un "pool" réunissant plusieurs grandes banques françaises, afin qu'aucune ne porte seule le risque politique et réputationnel, et d'une garantie partielle de l'État pour couvrir une partie du risque de non-remboursement. Selon Matignon, l'objectif était notamment de limiter le recours à des financements étrangers et les risques d'ingérence.

Plusieurs responsables de gauche y ont vu un soutien indirect et indu à Marine Le Pen. À ce stade, le dispositif ne figure pas dans le projet de loi de finances pour 2027 présenté le 1er octobre. Quant à l'idée d'une "banque de la démocratie", défendue par François Bayrou puis reprise par Emmanuel Macron en 2017, elle n'a jamais vu le jour. En revanche, un médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques existe depuis 2017. Sa mission est de faciliter le dialogue entre les formations politiques et les établissements bancaires.

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Jean-Pierre Camby, enseignant à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'UCO de Nantes, rappelle dans un article publié en juillet par Le Club des juristes que "l'accès au financement demeure un enjeu majeur de l'élection présidentielle, à la frontière entre liberté des banques, égalité des candidats et neutralité de l'État". "Il faudra rester attentif au risque de financement de certains candidats par des puissances étrangères ou par des intérêts privés", avertissait pour sa part dès juin Christian Charpy, président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, dans un entretien au Monde. Car en déterminant quels candidats peuvent accéder ou non au crédit, les banques privées acquièrent malgré elles un pouvoir singulier : celui d'influencer les conditions matérielles d'entrée dans la course à l'Élysée.

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