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Près de 200 élèves du secondaire ont troqué les salles de classe pour des ateliers de mécanique, d’électricité, de plomberie et d’ébénisterie, lundi, à Edmonton. L’Institut de technologie du Nord de l’Alberta (NAIT) leur présentait des parcours professionnels spécialisés, encore souvent éclipsés par les études universitaires.
L’initiative du collège s’inscrit dans les efforts du gouvernement de Danielle Smith (nouvelle fenêtre), pour renforcer la main-d’œuvre albertaine dans une diversité de champs de travail.
La province augmente ainsi le nombre de places et investit dans les infrastructures de formation, afin d’attirer plus de jeunes albertains vers les métiers spécialisés, et de répondre aux pénuries de travailleurs.

Plus de 33 000 places d’apprentissage sont offertes en Alberta. NAIT prévoit accueillir environ 15 000 apprentis dans ses programmes, une augmentation importante par rapport à il y a cinq ans, selon le doyen de l’École de la construction et des sciences du bâtiment, Matthew Lindbergh Fowlow.
Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau
Organisée à l’occasion de la Journée de l’apprentissage en Alberta, l’activité intitulée La relève dans les métiers réunissait des jeunes de la 9e à la 12e année provenant de plusieurs districts scolaires du nord de la province.
Le doyen de l’École de la construction et des sciences du bâtiment, Matthew Lindbergh Fowlow, affirme que les investissements réalisés dans la province rendent les perspectives d’emploi plus concrètes.
Malgré l’intérêt grandissant, le nombre d’occasions d’emploi continuerait de dépasser celui des apprentis inscrits dans certains secteurs.
Des parcours stigmatisés
Pour Mitch Christofferson, enseignant en ébénisterie à NAIT depuis près de 18 ans, ces ateliers permettent surtout aux adolescents de découvrir un éventail de possibilités avant de choisir leur parcours.
Pendant des décennies, nous avons détourné les jeunes des métiers pour les diriger vers les emplois en technologie ou les emplois de bureau, explique-t-il, estimant que les métiers spécialisés sont encore perçus, à tort, comme un choix de dernier recours.

Mitch Christofferson, enseignant en ébénisterie à NAIT depuis près de 18 ans.
Photo : Radio-Canada
Les charpentiers font énormément de mathématiques. En ébénisterie, nous travaillons avec beaucoup d’équipement contrôlé par ordinateur, souligne-t-il.
Monique Schluff Sabourin, ingénieure principale chez FortisAlberta, constate également une hausse de la demande. Selon elle, les ingénieurs, les technologues et les travailleurs spécialisés doivent collaborer pour réaliser les nombreux projets en cours.
Nous ne parvenons pas à recruter suffisamment de travailleurs. Plus il y aura de personnes dans les métiers, mieux ce sera, estime-t-elle.
Une demande nuancée
Daniel, un étudiant de 22 ans en instrumentation, a lui-même fréquenté une faculté d’ingénierie universitaire pendant deux ans, avant d’entreprendre un programme de métier spécialisé.
Il dit avoir fréquemment ressenti une pression de ses conseillers scolaires et de son entourage familial pour privilégier les études universitaires.
À l’université, je me suis rendu compte qu’un jeune TDA et hyperactif n’est pas fait pour rester aussi longtemps dans un bureau. Je me suis rendu compte que je ne veux plus gaspiller mon temps et mon argent là-dedans.
L'étudiant nuance toutefois le discours entourant la pénurie de main-d’œuvre. Selon lui, plusieurs employeurs recherchent surtout des travailleurs déjà qualifiés, alors que les apprentis peuvent avoir plus de difficulté à obtenir une première occasion.
Pour NAIT, l’objectif n’est pas de détourner tous les jeunes de l’université, mais de leur permettre de faire un choix éclairé.
L’établissement construit actuellement un centre de formation en métiers spécialisés et en technologies d’environ 58 000 mètres carrés, dont l’ouverture est prévue en 2030.


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