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Tech & Futurs 22/07/2026 15:04 Actualisé le 22/07/2026 15:04
Lors d’une recherche, Google ne proposera plus directement une liste de liens, mais plutôt un résumé écrit par l’intelligence artificielle.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

SOPA Images / SOPA Images/LightRocket via Gett
Photo d’illustration. Pourquoi vos recherches Google ne ressembleront plus à ce que vous connaissez.
Une nouveauté qui ne devrait pas passer inaperçue. Google a lancé ce mercredi 22 juillet en France sa fonctionnalité « Overview » : des résumés de résultats de recherche en ligne, rédigés par l’intelligence artificielle (IA). Désormais, une simple recherche Google pourra se conclure sans même avoir besoin de cliquer sur un lien.
Concrètement, au-dessus des résultats classiques, certains utilisateurs verront apparaître une réponse rédigée par l’intelligence artificielle grâce à l’outil « Aperçu IA ». Google lance également un « mode IA » qui permet de dialoguer avec le moteur de recherche comme avec un assistant conversationnel.
Lancées dans de nombreux pays en 2024 et 2025, y compris Européens, ces fonctionnalités arrivent un peu de retard en France car « il y avait des blocages de régulation qui étaient là, qu’on pense avoir levés », a expliqué à l’AFP le directeur général de Google en France, Sébastien Missoffe, évoquant une « grande révolution pour les utilisateurs ».
Confronté à l’essor des outils d’IA conversationnelle depuis le lancement de ChatGPT fin 2023, le premier moteur de recherche mondial tente d’éviter une fuite de ses utilisateurs vers des outils devenus des concurrents.
Une inquiétude pour les sites d’info
La stratégie semble payer : Alphabet, maison mère de Google, avait indiqué dans ses résultats financiers du premier trimestre que les recherches en ligne atteignaient un « niveau historique ». Mais cette évolution s’accompagne aussi d’un risque pour les médias de voir leur audience diminuer, si les utilisateurs se contentent de lire le résumé des résultats de recherche sans cliquer sur les articles en ligne.
D’après une étude publiée par le Pew Research Center en juillet 2025, les internautes sont deux fois moins nombreux à cliquer sur un lien de résultat lorsqu’ils disposent d’un résumé par IA. « Le jour où Google lance “Overview” (nom d’ » Aperçu IA « en anglais), on perd 30 % » de trafic venant de Google, s’était inquiété il y a peu un patron de presse régionale auprès de l’AFP, sous couvert d’anonymat.
L’arrivée de ces nouvelles fonctionnalités pourrait ouvrir une négociation entre le groupe américain et les médias français sur leur rémunération, alors que le secteur est en souffrance. Il est déjà touché par des baisses de revenus (abonnements, publicité…) et des plans de suppressions d’emplois, de Prisma Media (Capital, Femme Actuelle, Voici…) à Centre France et Ebra (Le Progrès, les Dernières nouvelles d’Alsace…).
Possibilité de refus
En France, Google a déjà conclu des accords avec 450 éditeurs de presse sur les droits voisins, qui permettent aux journaux, magazines ou agences de presse de se faire rémunérer lorsque leurs contenus sont utilisés par les géants du numérique.
Début juillet, Google avait envoyé une lettre aux médias français les informant du lancement de ces nouvelles fonctionnalités cet été. Selon une source proche du dossier, le courrier envoyé par Google aux éditeurs de presse précise que les résumés par IA ouvriront également droit à une rémunération au titre des droits voisins.
Ces derniers ont également la possibilité de refuser de faire figurer leurs contenus dans les « Aperçus IA » et le « mode IA », une fonctionnalité introduite le mois dernier et uniquement déployée au Royaume-Uni et en France pour le moment. Un tel choix qui n’impactera pas les résultats de recherche classiques, a assuré le géant américain, qui met en avant des résultats de recherche améliorés et plus pertinents pour l’utilisateur.
L’essor de l’IA générative a déjà provoqué de profonds changements économiques pour les médias. Plusieurs acteurs ont noué des partenariats avec des entreprises d’IA, mais certains dénoncent le pillage de leurs contenus. Ces groupes « volent effrontément la propriété intellectuelle » des médias d’information, avait par exemple accusé début juin le patron du journal américain New York Times, Arthur Gregg Sulzberger.


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