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Moins d'un Américain sur trois (32 %) approuve encore la façon de gouverner de Donald Trump, selon un sondage Ipsos/Reuters du 25 octobre. La popularité du locataire de la Maison-Blanche est au plus bas, alors qu'elle tutoyait encore les 50 % fin janvier 2025, à l'entame de son second mandat.
"Les élections de mi-mandat ne sont généralement pas bonnes pour le parti du président au pouvoir, et encore moins lorsque le contexte économique et international a des conséquences sur la politique intérieure et sur le coût de la vie des Américains", avance Vincent Michelot, spécialiste de la vie politique des États-Unis et professeur émérite à Sciences Po Lyon.
Si Donald Trump n'a plus la cote, c'est notamment à cause de l'augmentation des prix de l'énergie, conséquence de son choix de lancer une guerre contre l'Iran, dont les Américains ressentent les effets lorsqu'ils font le plein à la pompe. Environ 68 % d'entre eux – dont 37 % se déclarant républicains – désapprouvent ainsi sa gestion de l'économie.
Midterms 2026 : "working class", le mot fourre-tout de la politique américaineD'après une analyse du Pew Research Center publiée en juillet dernier, l'état de l'économie – et en particulier les prix et l'accessibilité financière – devrait une fois de plus constituer le socle sur lequel les électeurs américains s'appuieront le 3 novembre prochain au moment de déposer leur bulletin dans l'urne, loin devant l'immigration et la politique étrangère.
Pour Donald Trump, les sondages prédisant un recul du camp présidentiel aux élections de mi-mandat s'expliquent par le fait que son nom n'est pas inscrit sur les bulletins de vote. Convaincu qu'il peut encore peser dans la balance, le locataire de la Maison-Blanche enchaîne donc les meetings ces dernières semaines, à l'occasion d'une campagne qui a un petit parfum de 'sauve-qui-peut'. "Sauf qu'il se rend surtout dans des États acquis aux Républicains où, en plus, il attire moins les foules que par le passé", observe Vincent Michelot.
L'omniprésence de Donald Trump dans cette campagne n'indiffère pas les électeurs : 42 % des personnes interrogées par le Pew Research Center considèrent leur futur vote comme un positionnement à l'encontre du président américain, quand 22 % voient ce vote comme un soutien en sa faveur. Autrement dit, selon l'institut de recherche, la personnalité même de Trump semble aujourd'hui avoir un effet repoussoir. L'opinion négative que les électeurs ont de lui pèse davantage dans leur décision que celle qu'ils avaient sur la personnalité de Joe Biden, à un stade similaire il y a quatre ans.
Pourquoi Donald Trump change-t-il brusquement son agenda à quelques jours des élections? Sa réaction face à un journaliste questionneBiden, plus populaire que Trump jusqu'à présent
Durant la campagne pour le scrutin présidentiel de 2024, Trump avait tapé sur le clou de la sénilité de 'Sleepy Joe', ainsi que sur celui de l'inflation galopante, promettant de son côté d'augmenter le pouvoir d'achat des Américains et de mettre fin au conflit russo-ukrainien "en 24 heures".
Vincent Michelot fait observer que le locataire de la Maison Blanche n'a tenu aucune de ces deux promesses, expliquant peut-être le déclin de sa popularité lors de ce second mandat (37 % en moyenne), après un premier mandat autour des 40 % qui avait été marqué par le meurtre de George Floyd et les émeutes du Capitole.
Joe Biden, de son côté, avait contenté 42 % des Américains entre 2020 et 2024. L'ancien président démocrate était passé de 57 % en début de mandat à 40 % lors des midterms de 2022. Une dégringolade qui s'explique notamment par le retrait désastreux des troupes américaines présentes en Afghanistan en août 2021.
Midterms 2026 : les Démocrates ont-ils mené une manœuvre illégale à l'encontre du candidat républicain Dan S. Sullivan ?Selon Jérôme Jamin, politologue à l'Université de Liège, le fait que Joe Biden n'a pas suscité d'engouement du côté des citoyens s'explique de trois façons : "D'abord, les gens n'ont pas voté pour lui, mais contre Donald Trump. Ensuite, Joe Biden et les Démocrates ont fait preuve de timidité, hésitant sur la manière de se comporter face aux Républicains. Enfin, le parti s'est montré divisé sur la question de sa succession, alors que Joe Biden vieillissait, avant d'être remplacé par Kamala Harris à la dernière minute".
À titre de comparaison, les précédents présidents atteignaient des scores de popularité plus élevés : 48 % pour Obama, 49 % pour George W. Bush ou encore 55 % pour Bill Clinton.
Pourrez-vous replacer ces huit événements de l'histoire américaine dans l'ordre ?Le cas de Bush Jr est particulier : les attentats du 11 Septembre avaient fait bondir sa popularité de 56 à 88 % en deux mois, à la faveur du 'rally around the flag effect', les Américains resserrant temporairement les rangs derrière leur président à la suite de l'attaque terroriste historique qui a touché les tours jumelles à New York.
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