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Santé 02/11/2026 18:36 Actualisé le 02/11/2026 19:59
Ces jeunes praticiens en fin de formation sont en majorité affectés dans des zones en grande difficulté d’accès aux soins.
Par Charlotte Arce avec AFP

ROBIN UTRECHT / ANP via AFP
Ces jeunes médecins en fin de formation assureront les consultations, les soins et le suivi des maladies chroniques sous la responsabilité d’un praticien maître de stage.
« Plus de médecins, moins d’attente », a promis sur X Emmanuel Macron. À partir de ce lundi 2 novembre, 3 000 « docteurs juniors » vont venir renforcer les équipes de soins dans les cabinets, maisons et centres de santé situés dans les déserts médicaux. Le chef de l’État espère bien encourager ces jeunes médecins en fin de formation à s’installer durablement dans les zones identifiées comme à forte tension sur l’offre de soins.
Ces jeunes généralistes ont déjà soutenu leur thèse. Mais suite à une réforme de 2022, ils doivent achever leurs études par une année de stage. Leur formation passe ainsi de neuf à dix ans et s’aligne sur celle des médecins spécialistes.
Comment vont se dérouler les consultations ?
Comme un médecin inscrit à l’Ordre, le médecin junior assure les consultations, les soins et le suivi des maladies chroniques, mais reste sous la responsabilité d’un praticien maître de stage. « La consultation se passe en autonomie, le maître de stage n’est pas forcément présent à côté ou sur place, mais il est toujours joignable si jamais on a le moindre doute ou la moindre question », confirme auprès de franceinfo Pierre Gitz, « docteur junior » pour un an à la maison de santé de Diemeringen dans le Bas-Rhin.
Le prix de la consultation reste le même qu’avec un médecin ayant terminé sa formation. En revanche, un « docteur junior » ne peut pas être déclaré comme médecin traitant, rappelle l’Agence régionale de Santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine.
La grande majorité exercera 4 jours par semaine en cabinet, maison de santé pluriprofessionnelle ou en centre de santé. Plus rarement, d’autres vont travailler en établissement de santé, suivant leur projet professionnel.
Où ces médecins juniors sont-ils déployés ?
Environ 80 % de ces médecins en formation ont été affectés dans des zones en grande difficulté d’accès aux soins, comme les ZIP (zones d’intervention prioritaire), les ZAC (zones d’action complémentaire) et les quartiers de politique de la ville, a annoncé mi-octobre le ministère de la Santé. Le gouvernement espère que le déploiement de ces jeunes médecins généralistes facilitera l’accès aux soins et à terme, les installations en ville, en particulier dans les zones où les besoins sont les plus criants.
Leur répartition dépend notamment des besoins de santé et du nombre de maîtres de stage ayant pu être formés. Ainsi, l’Île-de-France accueillera 400 « docteurs juniors », dont 74 en Seine-Saint-Denis, 64 dans l’Essonne, 60 dans les Yvelines, 35 dans les Hauts-de-Seine, 40 dans le Val-de-Marne et 29 dans le Val-d’Oise. 58 sont enfin affectés à Paris, selon l’Agence régionale de Santé.
Les autres régions ne sont pas en reste. Ils sont 102 à être déployés en Centre-Val-de-Loire, au cœur de la diagonale du vide médical, dont 21 dans le Loir-et-Cher et le Loiret, 18 en Eure-et-Loir ou 16 dans l’Indre. « La totalité des terrains de stage » est en zone sous-dense (ZIP ou ZAC), indique l’autorité de santé de cette région. 241 jeunes médecins sont déployés en Occitanie, avec par exemple 59 praticiens en Haute-Garonne, 35 dans le Gard, 14 dans l’Aveyron, ou 6 dans le Lot et en Lozère.
Une nouvelle vague de médecins juniors en 2027
Comme tout interne, ces « docteurs juniors » sont rémunérés : un peu plus de 2 700 euros mensuels, avec 400 euros supplémentaires de prime « d’autonomie supervisée », plus une prime allant jusqu’à 1 000 euros en fonction du recul de la zone, et une autre pour les gardes, selon le ministère.
Les médecins maîtres de stage toucheront de leur côté une rémunération allant jusqu’à 3 200 euros mensuels en cas de participation aux gardes et d’exercice dans les zones en difficulté d’accès aux soins.
Toujours selon le ministère de la Santé, une deuxième vague de 500 « docteurs juniors » sera déployée début mai 2027.


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