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On considère généralement que la température moyenne du corps humain se situe autour des 37°C. Cette valeur de référence a été établie dans les années 1860 par le médecin allemand Carl Wunderlich, qui avait entrepris de mesurer la température axillaire de 25.000 patients dans le cadre de ses recherches sur la fièvre. À partir de ces observations, il a fixé à 38°C le seuil au-delà duquel une personne souffre de fièvre.
Mais des recherches plus récentes viennent bousculer ces résultats. Plusieurs travaux suggèrent que la température corporelle moyenne a évolué au cours des 150 dernières années. D'après la BBC, celle des Américains aurait par exemple diminué d'environ 0,59°C par rapport à celle de leurs ancêtres du début du XIXᵉ siècle. Au sein de la communauté scientifique, une question fait débat: l'évolution de notre monde modifie-t-elle notre thermostat naturel?
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Il y a dix ans, une équipe dirigée par Julie Parsonnet, épidémiologiste à l'université Stanford, a analysé des relevés de température réalisés sur près de 190.000 personnes aux États-Unis, entre 1862 et 2017. «La nouvelle norme pour les adultes semble se situer autour de 36,39°C», affirme-t-elle. Cette tendance a également été observée chez des populations amazoniennes. La température corporelle moyenne des Tsimanes, une communauté autochtone semi-nomade, est passée de 37°C au début des années 2000 à 36,5°C en 2018.
Mais comment expliquer ces résultats? Pour Julie Parsonnet, les progrès de la médecine jouent un rôle. À l'époque de Carl Wunderlich, l'espérance de vie était de 38 ans. Aujourd'hui, elle a presque doublé. «Les gens ne menaient pas une vie aussi saine que la nôtre aujourd'hui, détaille la chercheuse. Ils souffraient souvent de nombreux problèmes de santé: tuberculose, soins dentaires catastrophiques, dysenterie, rhumatisme articulaire aigu et ostéomyélite.»
L'amélioration de la santé comme facteur d'explication
«Lorsque votre système immunitaire tente de vous défendre contre tous ces agents pathogènes qui cherchent à vous tuer, il consomme des calories. Et les calories, c'est de chaleur», poursuit-elle. Les vaccins et les mesures d'hygiène ont notamment amélioré la santé des populations, ce qui aurait eu des répercussions sur notre météo intérieure.
Mais l'explication se trouve également dans la généralisation de la climatisation et du chauffage dans les foyers. Aux États-Unis, 88% des ménages sont équipés de la climatisation. «Nous passons la majeure partie de notre vie dans un climat idéal, dans ce qu'on appelle une zone de neutralité thermique, où nous n'avons pas besoin de faire d'efforts pour maintenir notre température», explique Julie Parsonnet.
Certains chercheurs estiment que la moyenne de 37°C établie par Carl Wunderlich aurait pu être surestimée en raison d'un mauvais calibrage des thermomètres de l'époque. Il y a plus d'un siècle et demi, prendre la température était une opération fastidieuse: les instruments de mesure à mercure, longs de 30 centimètres, devaient d'abord être étalonnés à l'aide de points fixes comme l'eau bouillante et la glace fondante. Les patients devaient ensuite rester immobiles pendant 15 à 20 minutes, thermomètre sous le bras.
Les experts recommandent toutefois de ne pas trop se focaliser sur une valeur précise, car la température corporelle varie naturellement. En revanche, si elle descend au-dessous de 35°C ou dépasse les 40°C, il est recommandé de consulter un médecin.





























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