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Benyamin Netanyahou est-il prêt à tout pour rester au pouvoir?

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En Israël, former une nouvelle coalition gouvernementale après le scrutin du 27 octobre relève du parcours du combattant. Les législatives n'ont pas permis de dégager une majorité claire entre le Likoud, parti de Benyamin Netanyahou, et ses alliés, et le bloc de l'opposition, mené par Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et leader de Yashar!, parti de centre droit. Le bloc du Premier ministre a obtenu 53 sièges à la Knesset (le parlement israélien), contre 48 pour l'opposition et 19 pour les partis arabes.

Le dirigeant à la tête du gouvernement depuis dix-sept ans sort affaibli du scrutin: avec vingt-sept sièges, le Likoud perd cinq députés, même s'il reste le premier parti du Parlement. Si Benyamin Netanyahou obtient le feu vert du président israélien pour tenter de former un gouvernement –ce qui n'est pas acquis à ce stade– il aura besoin de soixante-et-un députés pour conserver le pouvoir. Une équation qui soulève une question centrale: vers qui va-t-il se tourner?

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Pour élargir sa coalition, composée de partis nationalistes d'extrême droite et de formations juives ultra-orthodoxes, il pourrait essayer de rallier au moins huit transfuges issus du bloc d'opposition, estime le New York Times. Certains experts n'excluent pas non plus un rapprochement avec Gadi Eisenkot, dans l'optique de former un gouvernement d'union nationale.

Pour parvenir à ses fins, le chef du gouvernement, âgé de 77 ans, peut s'appuyer sur des décennies d'expérience politique. Sur le papier, son bloc dispose de cinq sièges de plus que les formations du changement. Mais les partis arabes, qui ont réalisé un score sans précédent de dix-neuf mandats, pourraient rebattre les cartes. Si Gadi Eisenkot s'alliait à deux d'entre eux, également opposés à Benyamin Netanyahou, sa coalition disposerait alors d'une confortable majorité de 67 sièges sur 120.

Alliance avec les adversaires?

Mais Benyamin Netanyahou n'a pas dit son dernier mot. Il a déjà démontré sa capacité à composer avec ses adversaires. Au lendemain de l'attaque menée par le Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, le chef de file de Yashar! avait ainsi rejoint le cabinet de guerre d'urgence pour participer à la gestion du conflit à Gaza. Il a toutefois quitté le gouvernement huit mois plus tard, dénonçant l'incapacité du Premier ministre à définir une stratégie de sortie de guerre et une feuille de route diplomatique pour l'avenir du territoire palestinien. Benyamin Netanyahou, lui, n'a jamais assumé la responsabilité de l'impuissance de l'exécutif à empêcher le massacre du 7-Octobre. Avant cela, il avait déjà tenté à plusieurs reprises d'intégrer les partis centristes à ses coalitions.

«C'était un mécanisme qui lui permettait de rejeter la responsabilité sur d'autres s'il prenait des décisions modérées mais impopulaires auprès de son électorat», souligne Yohanan Plesner, président de l'Institut israélien pour la démocratie, un centre de recherche indépendant. De nombreux Israéliens souhaitent désormais voir se former un gouvernement d'union nationale avec le parti d'Eisenkot. Une telle alliance pourrait contraindre le Premier ministre à revoir certaines de ses politiques controversées, comme son projet de réforme du système judiciaire. Mais les dernières tentatives de collaboration avec les centristes se sont soldées par des échecs.

En 2014, Benyamin Netanyahou a limogé ses ministres des Finances et de la Justice, tous deux centristes, avant d'orchestrer la dissolution du Parlement et de convoquer des élections anticipées. En 2020, Benny Gantz, ancien chef militaire issu du centre, a rejoint le gouvernement d'union nationale dans le cadre d'un accord de partage de pouvoir, en pleine crise du Covid-19. Sept mois plus tard, l'exécutif a volé en éclats après que le Premier ministre a violé les accords conclus avec l'ex-général.

«Je ne sais pas si Netanyahou peut convaincre qui que ce soit de le rejoindre aujourd'hui, car ce serait un suicide politique», estime Gadi Wolfsfeld, professeur de communication politique à l'université Reichman, en Israël. L'autre option, celle de rallier des transfuges de l'opposition, semble également épineuse. Si les partis de droite Ensemble et Israel Beytenou pourraient correspondre idéologiquement aux attentes du chef du gouvernement, leurs dirigeants respectifs sont d'anciens alliés devenus de fervents opposants. Leurs relations avec Benyamin Netanyahou se sont considérablement dégradées, rendant tout rapprochement particulièrement délicat.

Les analystes politiques estiment que le Premier ministre pourrait jouer la montre, en pariant sur l'incapacité de ses adversaires à former eux-mêmes une coalition. En attendant, il reste à la tête d'un gouvernement intérimaire et pourrait préférer attendre la tenue d'une nouvelle élection. «Ce serait un résultat relativement favorable pour Netanyahou, observe Yohanan Plesner. L'opposition pourrait avoir plus de mal à mobiliser ses partisans une deuxième fois, ce qui permettrait à l'actuel dirigeant «d'améliorer son score».

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