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En une offensive éclair, les rebelles houthis, un mouvement armé soutenu par l'Iran qui contrôle une partie du Yémen, ont pris le contrôle du sud de la côte yéménite de la mer Rouge, le 11 septembre. Ils se sont également emparés de l'île de Perim. De quoi renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab Al-Mandab et rebattre les cartes du bras de fer entre l'Iran et les États-Unis?
Surnommé la «porte des larmes», le détroit de Bab Al-Mandab relie la mer Rouge au golfe d'Aden et à l'océan Indien. Un détroit qui, à l'image du désormais célèbre détroit d'Ormuz, est un point de passage stratégique pour le commerce mondial.
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Selon les chiffres publiés en 2023 par les Nations unies, environ 8,7% du commerce maritime mondial passe par le détroit de Bab Al-Mandab. 20% des voitures et conteneurs, 15% des produits pétroliers et 13% du pétrole brut transitent par ce passage maritime hautement stratégique, désormais contrôlé par les milices houthies.
Les perturbations du détroit d'Ormuz ont fait grimper, entre autres, le prix du pétrole dans le monde entier. Avec désormais un deuxième détroit sous le contrôle d'alliés de l'Iran, Téhéran pourrait utiliser plusieurs fronts pour accroître la pression sur Washington.
Midterms et changement de rapport de force
Si cette prise de contrôle du détroit de Bab Al-Mandab est perçue comme une avancée stratégique majeure pour l'Iran et les Houthis, c'est avant tout parce qu'elle intervient à un moment où Téhéran cherche à augmenter la pression économique sur les États-Unis.
Le calendrier n'a rien d'un hasard: le 3 novembre auront lieu les élections de mi-mandat dans le Pentagone, dans un contexte où le président Donald Trump et ses alliés républicains sont fragilisés par les conséquences économiques de la guerre impopulaire contre l'Iran. Certains spécialistes affirment que Téhéran veut profiter de cette période pour faire davantage pression sur les prix du pétrole.
Avec l'avancée des Houthis, le baril d'or noir a dépassé les 100 dollars (environ 87 euros) et s'y est maintenu outre-Atlantique, atteignant son plus haut niveau depuis mai. Donald Trump ne semble pas être en mesure de mettre fin au conflit, vieux de près de sept mois, ni de faire baisser les prix à la pompe avant ces élections. La manœuvre a donc d'ores et déjà un impact, et pourrait même modifier fondamentalement le rapport de force entre l'Iran et les États-Unis. De surcroît, la pression sur le système énergétique mondial pourrait s'accroître.
Pour l'heure, on ne sait pas vraiment si les Houthis utiliseront leurs gains territoriaux pour imposer un blocus à grande échelle, rapporte le Washington Post. Une opération militaire américaine pour rouvrir le détroit pourrait faire exploser les prix du pétrole.
Pour l'heure, Donald Trump se veut rassurant, déclarant samedi 12 septembre que «les Houthis nous ont appelés» et qu'«ils ne veulent pas se battre avec nous». Pourtant, les États-Unis pourraient être contraints de déployer des efforts considérables pour protéger leurs navires et leurs alliés sous pression dans la région, à commencer par l'Arabie saoudite, ciblée par des attaques contre ses infrastructures énergétiques. «La marine américaine est actuellement bien trop sollicitée, conclut Abdullah al-Junaid, analyste géopolitique basé à Bahreïn. Ses ressources ne lui permettent pas de faire face à de multiples menaces comme l'Iran et maintenant le Yémen.»





























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