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Depuis la rentrée, certains élèves et leurs parents font face à un phénomène dommageable : l'absentéisme des professeurs. Un point qui figure d'ailleurs parmi les revendications des élèves lors des manifestations de ce début octobre. Cela peut paraître étonnant. Les CV de profs en recherche d'heures se multiplient sur les réseaux sociaux.
"Le paradoxe est réel : des enseignants perdent des heures de cours, tandis que des écoles peinent à trouver des remplaçants", confirme Johann Dizant, directeur de l'Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles. "Pour comprendre cette situation, il faut dépasser la simple question du nombre d'enseignants disponibles. Un enseignant disponible n'est pas nécessairement un enseignant qui peut être engagé pour le remplacement recherché", explique le directeur.
Un nombre de jours d'absence minimum
En Fédération Wallonie-Bruxelles, les écoles du fondamental (maternel et primaire) doivent en effet respecter certains critères avant de pouvoir engager un remplaçant temporaire. En cas de maladie, l'absence doit être de minimum 6 jours calendrier consécutifs. Pour les autres motifs d'absence, cette durée monte à 10 jours ouvrables. Les écoles à encadrement différencié bénéficient, elles, d'un seuil réduit à 5 jours minimum pour le congé maladie. En secondaire, les critères varient d'école en école selon l'organisation interne de l'établissement et le volume d'heures en question.
Cette incertitude autour de la durée des absences peut considérablement compliquer le processus de recrutement, affirme Johann Dizant. "Un enseignant acceptera plus facilement un engagement de plusieurs mois qu'un remplacement de courte durée dont la prolongation reste incertaine. Or, les absences peuvent évoluer et les directions doivent s'adapter aux informations dont elles disposent, tout en respectant les conditions administratives et réglementaires applicables", explique le directeur.
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Une fois la procédure de remplacement déclenchée, l'établissement doit encore pouvoir trouver le candidat qui convient. "La pénurie n'est pas uniquement quantitative", souligne Johann Dizant. "Le premier obstacle concerne les titres et les compétences. Un enseignant qui perd des heures dans une discipline ne peut pas nécessairement remplacer un collègue absent dans une autre", développe-t-il.
Idéalement, le candidat au remplacement possède le titre requis. Il est titulaire à la fois d'un diplôme dans la discipline enseignée (par exemple la biologie) et du titre pédagogique adéquat (par exemple un master en enseignement). Si aucun candidat de ce type n'est disponible, l'école pourra avoir recours à un profil possédant le titre suffisant – le diplôme est conforme à la discipline enseignée, mais le titre pédagogique n'est pas le bon. Moyennant certaines conditions, une institutrice maternelle pourra par exemple effectuer du remplacement en primaire.
Troisième dans l'ordre de priorité, un candidat porteur d'un titre de pénurie pourra être engagé en cas de manque extrême de profils correspondants bien qu'il ne possède aucun des deux critères recherchés. En Fédération Wallonie-Bruxelles, on considère qu'environ un nouvel enseignant sur quatre fait partie de cette catégorie.
"Les difficultés varient également selon les disciplines, ajoute le directeur bruxellois. Trouver un enseignant pour certaines matières scientifiques, techniques ou professionnelles peut se révéler particulièrement compliqué."
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La charge administrative qui accompagne le processus de remplacement ne disparaît pas non plus dans l'urgence, poursuit Johann Dizant. "Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, une direction ne peut pas simplement engager la première personne disponible. Elle doit vérifier les conditions d'engagement, les titres, les éventuelles priorités statutaires et les possibilités administratives de remplacement." Des démarches nécessaires mais chronophages, particulièrement lorsque plusieurs absences surviennent simultanément.
Départager selon le statut et l'ancienneté
La sélection des différents profils établie, l'école devra alors procéder à leur départage selon leurs statut et ancienneté. Pour bénéficier de la qualité de temporaire prioritaire, un candidat porteur du titre requis devra avoir presté 600 jours d'ancienneté de service (nombre de jours total) et 300 jours d'ancienneté de fonction (nombre de jours dans la fonction spécifique) en FWB sur les trois dernières années scolaires. Les mêmes critères s'appliquent à un candidat au titre suffisant, qui devra en plus avoir presté 150 jours de fonction en qualité de temporaire. À moins d'obtenir une assimilation à titre suffisant, les candidats porteurs d'un titre de pénurie ne peuvent quant à eux pas être désignés comme temporaires prioritaires.
En deuxième position dans le classement des priorités, on retrouve les nommés et temporaires en perte de charge horaire ou de réaffectation. En dernier recours, l'école pourra enfin faire appel à un temporaire ordinaire, qui s'est inscrit sur des listes de remplacement ou qui a postulé par lui-même sans cumuler l'ancienneté nécessaire.
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Un autre aspect, moins connu des parents, rend aussi les remplacements plus difficiles : les horaires. "Imaginons un enseignant absent pour huit heures de cours réparties sur quatre journées. Un candidat qui dispose déjà d'un mi-temps dans une autre école ne pourra pas nécessairement accepter ces heures, même s'il souhaite compléter son horaire. Le problème est donc parfois moins de trouver une personne compétente que de parvenir à faire coïncider plusieurs contraintes", résume Johann Dizant.
Il serait réducteur de considérer qu'un remplacement est réussi dès qu'un adulte se trouve devant les élèves
Une absence prolongée ne représente pas seulement des heures de cours perdues, mais peut entraîner une rupture dans les apprentissages, une désorganisation des progressions pédagogiques et une pression supplémentaire sur les collègues présents, rappelle le directeur. "Pour les directions, l'enjeu ne consiste donc pas uniquement à trouver quelqu'un pour occuper une classe. Il faut également veiller à la continuité des apprentissages et à la qualité de l'enseignement. Il serait d'ailleurs réducteur de considérer qu'un remplacement est réussi dès qu'un adulte se trouve devant les élèves", conclut-il.
Des assouplissements
Pour alléger ce processus de remplacement souvent long et compliqué, la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place des "pools de remplacements territoriaux". En cas d'arrêt maladie d'un enseignant, un remplaçant sera affecté plus rapidement dans l'école concernée. Selon le type et le niveau d'établissement, le délai d'absence avant de pouvoir enclencher un remplacement a également été raccourci.
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