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En février 2026, l'ancienne star de téléréalité américaine, Brandi Glanville, a autorisé une émission à filmer son opération de retrait d'implants mammaires, une procédure appelée «explantation». Elle a expliqué vouloir «simplement être en bonne santé», après des années de fatigue, de douleurs articulaires, de boules sous la peau et d'autres symptômes qu'elle associe à ses prothèses, explique National Geographic.
Pendant l'intervention, le chirurgien a constaté que l'un des implants, posés depuis près de vingt ans, fuyait, tandis que l'autre était rompu. «Il est déchiré, il est arraché. C'est bien pire que ce que j'imaginais», a-t-il déclaré, expliquant avoir dû changer de gants en cours d'opération à cause de la fuite de silicone. Glanville a fait remplacer ses anciens implants par de nouveaux, présentés comme moins susceptibles de se rompre à l'avenir.
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Son cas n'est pas isolé: de nombreuses personnalités, comme Alyssa Milano, Michelle Visage ou Chrissy Teigen, ont récemment évoqué leur décision de se faire explanter. Aux États-Unis, le retrait d'implants mammaires a connu une croissance rapide depuis 2020, selon les données de l'American Society of Plastic Surgeons (ASPS): cette année-là, les augmentations mammaires ont baissé de 14,9%, tandis que les explantations ont augmenté de 34,4%. La tendance s'est poursuivie en 2023 (+9%) et reste stable depuis.
L'ASPS indique que certaines patientes font retirer leurs implants par nécessité, notamment pour traiter une capsulite rétractile (un durcissement et une rétraction de la cicatrice autour de l'implant), une rupture d'implant, des douleurs dorsales ou des réactions auto-immunes. D'autres le font pour des raisons esthétiques, parce que leur corps ou leurs goûts ont changé. Des rapports de ruptures et de maladies associées aux implants existent depuis leur commercialisation dans les années 1960.
Un historique de scandales et de régulations
Dès les années 1990, des poursuites collectives contre Dow Corning, l'un des principaux fabricants d'implants en silicone, ont abouti à un accord de 2,35 milliards de dollars (2,06 milliards d'euros environ), sans reconnaissance de responsabilité de l'entreprise. Dans ce contexte, la Food and Drug Administration (FDA) a restreint formellement l'usage des implants en silicone en 1992, en les autorisant surtout pour la reconstruction mammaire ou la correction de «déformations congénitales». L'interdiction a été levée en 2006 pour les patientes de plus de 22 ans.
Malgré ces alertes et les complications signalées –dont la maladie des implants mammaires, qui reste un diagnostic non officiel listé par la FDA comme effet secondaire possible– les prothèses sont demeurées l'une des opérations esthétiques les plus populaires aux États-Unis. La FDA reconnaît des symptômes comme la fatigue (41,1% des signalements), les douleurs articulaires (30,9%), l'anxiété (22,9%) ou des maladies auto-immunes (22,6%), sans pour autant affirmer de lien de causalité définitif.
Des siècles de poitrines «à la mode»
Au-delà de la santé, l'explantation reflète aussi l'évolution des canons de beauté. Depuis le XIXᵉ siècle, la taille et la forme de la poitrine ont été étroitement liées aux tendances vestimentaires et au statut social. À l'époque victorienne, la silhouette en sablier, obtenue grâce à des corsets et des bustiers compliqués, signalait l'appartenance à une classe oisive.
Des «développeurs de poitrine» et des crèmes promettant une figure parfaitement symétrique étaient vendus dans des catalogues comme Sears. Au XXᵉ siècle, le soutien-gorge a progressivement remplacé le corset, mais la pression pour un buste «idéal» est restée forte, avec des sous-vêtements compressifs dans les années 1920, puis le «bullet bra» de Maidenform en 1949, vendu à près de 90 millions d'unités aux États-Unis en trente ans.
Après la Première Guerre mondiale, les progrès de la chirurgie reconstructive ont ouvert la voie à la chirurgie esthétique, y compris pour les seins. Dès les années 1920–1930, des chirurgiens proposaient déjà des réductions mammaires, tandis que les tentatives d'augmentation (paraffine, transferts de graisse, éponges) se révélaient souvent dangereuses ou décevantes. Dans les années 1950-1960, le silicone, d'abord utilisé pour des prothèses médicales, a été détourné pour des augmentations mammaires, d'abord de façon clandestine, puis via les premiers implants en silicone de Dow Corning.
Aujourd'hui, la culture du bien-être qui pousse à retirer des implants est aussi un marqueur de statut social. Quand la chirurgie devient banale, le prestige se déplace vers des modifications discrètes, réversibles et «naturelles». Le langage médical lui-même s'adapte: on ne vend plus seulement des «implants» ou des «liftings», mais de la «rejuvenation esthétique». L'explantation n'est donc plus seulement un geste médical, mais un acte à la fois sanitaire, esthétique et social, qui dit autant sur la santé que sur la place du corps féminin dans la mode et la société contemporaine.




























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