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Poupées sexuées, parties intimes, consentement : voici ce que l’Éducation nationale prévoit dans son livret EVAR avant 4 ans

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Avant même de savoir lire, les enfants découvrent désormais consentement, parties intimes et stéréotypes.

Sur Éduscol, le ministère met à disposition un guide très officiellement intitulé « EVAR avant 4 ans ». Pas question ici de parler abusivement de « cours de sexualité à trois ans » : à la maternelle, le dispositif porte le nom d’EVAR, pour « éducation à la vie affective et relationnelle ». L’EVARS, qui ajoute explicitement la sexualité, arrive plus tard.

La précision est importante. Elle n’empêche pas de regarder ce que l’État a décidé d’introduire dans la petite section.

Poupées sexuées, pénis, vulve et parties intimes

Dans le livret d’accompagnement officiel, une première séquence propose d’utiliser des « poupées sexuées (fille/garçon) » avec baignoire miniature, savon, gant et serviette.

Les enfants sont invités à identifier les différentes parties du corps. Le document précise que l’enseignant peut employer les termes « pénis », « anus » et « vulve ». Le guide explique certes que leur mémorisation n’est pas l’objectif principal à cet âge. Mais les mots sont bien là, dans un document pédagogique destiné aux enfants qui viennent parfois tout juste de souffler leur troisième bougie.

La culotte des poupées sert ensuite à distinguer les parties visibles des « parties intimes ». Le professeur peut également interroger les élèves sur les lieux où ces parties du corps peuvent être découvertes : à la maison, aux toilettes, à l’école ou chez les grands-parents.

Autrement dit, pendant que certains parents espéraient encore que la petite section s’occupe essentiellement de langage, de motricité et de pâte à modeler, l’administration centrale a déjà préparé son protocole sur l’intimité.



Le consentement entre deux dessins et la sieste

Le guide prévoit aussi d’aborder le consentement. À partir de situations quotidiennes, un enfant doit apprendre à refuser un câlin ou un contact physique avec des mots comme « non », « stop » ou « arrête ».

Sur le principe, apprendre à un enfant qu’il peut refuser qu’on le touche paraît difficilement contestable. C’est précisément ainsi que le dispositif est présenté : prévention des violences, protection de l’enfant, respect du corps.

Mais sous ce parapluie consensuel, l’Éducation nationale installe progressivement un cadre institutionnel beaucoup plus large autour de l’intimité des tout-petits. Et comme souvent avec la macronie, ce qui relevait hier encore principalement des parents devient un objet de programme, de formation, de circulaires et de contrôle administratif.

Les jeux des enfants aussi doivent être déconstruits

Le troisième volet est encore plus révélateur de l’époque. Le livret prévoit de travailler sur les stéréotypes entre filles et garçons à travers les espaces de jeux de la classe.

Si les petites filles jouent davantage à la poupée ou les garçons aux voitures, pas de panique : l’institution veille. L’enseignant est invité à remettre en cause les représentations du type « les poupées, c’est pour les filles » et à encourager les enfants à fréquenter différents espaces de jeux.

À trois ans, l’enfant pensait naïvement choisir un camion parce qu’il aimait les camions. L’Éducation nationale, elle, commence déjà à se demander si ce choix ne cacherait pas un stéréotype à déconstruire.



Trois ans : l’âge où l’État commence à s’inviter dans l’intime

Le sujet n’est donc pas de prétendre que l’Éducation nationale organise des « cours de sexualité » en petite section. Ce serait fournir au ministère l’argument idéal pour disqualifier toute critique.

Le sujet est plus simple : pourquoi l’État estime-t-il nécessaire de formaliser dès trois ans des séances sur les parties intimes, le consentement et les stéréotypes de genre ? Et surtout, où s’arrête désormais le rôle de l’école et où commence celui des parents ?

Avec l’EVAR, la réponse semble de moins en moins nette. À défaut de savoir écrire son prénom, l’élève de petite section aura au moins commencé sa formation accélérée aux préoccupations idéologiques de son époque.

Pour aller plus loin, nous vous proposons de revoir notre entretien avec Verlaine Urbain, de Droits de l’Enfance. Elle y revient sur l’EVARS, ses objectifs officiels, ses contenus et les dérives qu’elle dénonce derrière un dispositif présenté comme de la prévention.

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