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Chirurgienne, éditeur, patineuse, pâtissier… Leurs parcours singuliers racontent la France d’aujourd’hui, riche de ses talents et de ses diversités, et leurs portraits sont autant de modèles pour les générations futures. Né(e)s ici ou venu(e)s d’ailleurs, ces femmes et ces hommes inspirent par leur engagement et leur réussite. Dans ce dernier épisode, Valérie Senghor, 54 ans, est à la tête du Centquatre-Paris, un établissement culturel de la Ville de Paris situé dans le 19e arrondissement de la capitale. Très discrète sur ses origines, elle est l'arrière petite-nièce du célèbre poète et chef d'État Léopold Sédar Senghor.
Elle s'appelle Valérie Senghor comme l'homme d'État, poète et écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor : « C'était mon grand oncle paternel. Le frère de mon grand-père paternel. Je l'ai connu à la fin de sa vie », confie celle-ci, qui n'en dira pas plus sur cet homme illustre. Et l'héritage généalogique de Valérie Senghor, pudique et très discrète sur le sujet, ne s'arrête pas là puisque son père était, lui, le célèbre cinéaste et diplomate Blaise Senghor.
« Je suis particulièrement heureuse de reprendre et de poursuivre cette trajectoire au service de l'art et de la culture avec ce double héritage, celui de mon grand-oncle paternel et celui, plus direct, de mon père qui était un homme de culture, un cinéaste et qui a beaucoup œuvré à la mise en place de systèmes de production et de diffusion du cinéma au Sénégal. Il était également le représentant permanent du Sénégal auprès de l'Unesco », reprend-t-elle.
Dans les pas de ses illustres parents, Valérie Senghor, 54 ans, dirige depuis novembre 2025 le Centquatre dont elle a accompagné le lancement. Ayant aussi contribué à son développement, elle en connaît l'histoire sur le bout des doigts : « Là, vous voyez, c'est le clocher. Il ne fonctionne plus aujourd'hui, lance-t-elle dans un sourire. D'ailleurs, peu de Parisiens connaissent sa fonction première. Le Centquatre était historiquement le siège des pompes funèbres de la Ville de Paris, un lieu inscrit aux Monuments historiques où étaient fabriqués les cercueils, les ornements funéraires et où était centralisée toute la logistique pour les convois des défunts de toute la capitale ».
Quand elle en parle, ses yeux s'illuminent, elle est intarissable
Atypique et pluridisciplinaire, le Centquatre-Paris est aussi un lieu de liberté, d'ouverture sur la ville et d'émancipation pour ceux qui s'accaparent les espaces pour pratiquer toutes sortes d'arts. « On voit autant les danseurs que les jongleurs qui viennent spontanément pour les répétitions et comme vous l'avez vu, nous ne les connaissons pas ».
Mais ne comptez pas sur elle pour revendiquer une origine. Elle n'aime pas non plus qu'on l'associe uniquement à une couleur de peau.
« J'ai eu l'opportunité, ces dernières années, de travailler pendant six ans au sein du Centre des monuments nationaux. J'ai aussi eu la chance d'occuper des fonctions au sein du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. J'ai accompagné le lancement et le développement du Centquatre pendant plus de dix ans et j'ai été la directrice adjointe du Centquatre de 2016 à 2018. Donc j'ose croire que c'est ce parcours et cette expérience qui ont amené la Ville de Paris à s'intéresser à ma candidature », affirme celle-ci.
Valérie Senghor s'appuie sur ce parcours pour innover et pour proposer un programme éclectique. Avec, à l'affiche pour la saison 2026-2027, plusieurs festivals qui mettent en résonance des récits, des architectures et des œuvres d'art.


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