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Le coût du nouveau pont international Gordie Howe, qui reliera Windsor à Détroit, s'élève toujours à 6,4 milliards de dollars canadiens, malgré de multiples retards, selon l’Autorité du pont Windsor-Détroit. Un député local demande toutefois plus de précisions.
Le gouvernement canadien a pris en charge l’ensemble des coûts de construction du pont et prévoit récupérer cet investissement grâce aux péages. Une fois ces coûts remboursés, le Canada et l’État du Michigan, copropriétaires de l’infrastructure, se partageront les revenus générés.
En 2024, l’Autorité du pont Windsor-Détroit avait annoncé que les perturbations liées à la pandémie de COVID-19 repoussaient l’ouverture du pont de 2024 à 2025 et faisaient passer le coût du projet de 5,7 à 6,4 milliards de dollars canadiens.
Plus de deux ans plus tard, le pont n’est toujours pas ouvert. Jusqu’au mois dernier, l’Autorité soutenait que l’ouverture aurait lieu ce printemps. Or, le 11 juin, elle a annoncé que le Canada et les États-Unis avaient convenu de reporter l’ouverture du pont afin de prendre le temps nécessaire pour résoudre les problèmes en suspens.
Ce nouveau report est survenu quelques mois après que le président américain Donald Trump eut menacé de bloquer l’ouverture du pont à moins que le Canada n’accorde certaines concessions. Cette menace fait également suite à des dons politiques versés au Parti républicain par la famille Moroun, propriétaire du pont Ambassador, qui devrait perdre une partie de ses recettes de péage une fois que le nouveau pont ouvrira.
Les doutes d’un député
Interrogé sur le fait que le coût du projet pour les contribuables demeurerait inchangé malgré les retards, Harb Gill, député conservateur de Windsor-Ouest, affirme qu’il ne sait plus quoi croire de ce que dit l’Autorité du pont Windsor-Détroit.
Quand on me dit que le coût s’élève toujours à 6,4 milliards de dollars, alors que ce pont devait ouvrir en juillet 2026, cela signifie que quelqu’un paie pour ce pont.
Il y a des gens qui y travaillent, quelqu’un prend en charge ces coûts. J’aimerais savoir exactement ce qui se passe, ajoute M. Gill.
Tara Carson, porte-parole de l’Autorité du pont Windsor-Détroit, laisse entendre que les partenaires du secteur privé pourraient prendre en charge les coûts supplémentaires.
Le projet du pont international Gordie-Howe est réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé, ce qui signifie qu’il s’agit d’un contrat à prix fixe, écrit-elle dans un courriel. « L’un des avantages de ce modèle est que les risques sont répartis de manière appropriée entre l’Autorité du pont Windsor-Détroit et Bridging North America. Les dépassements de coûts peuvent par exemple être transférés des contribuables vers le secteur privé. »
Des frustrations face au manque d’explications
M. Gill déplore l’absence d’explications claires de la part du gouvernement libéral concernant les retards. Depuis des semaines, nous entendons des versions contradictoires quant à la date d’ouverture de ce pont, affirme-t-il.
Le mois dernier, interrogé sur ce retard, le premier ministre canadien Mark Carney a évoqué une série d’aspects techniques, sans fournir davantage de détails.
S’il s’agit d’un problème technique, qu’on nous dise simplement de quoi il s’agit. S’il s’agit d’un problème diplomatique, qu’on nous le dise aussi. Dans tous les cas, les gens d’ici méritent une réponse honnête, et ils ne l’obtiennent pas.
Le lendemain de l’annonce du report, M. Gill a déposé plusieurs questions écrites à la Chambre des communes concernant les coûts du projet et les raisons des retards. Il indique n’avoir toujours pas reçu de réponse. Le gouvernement a jusqu’en septembre pour y répondre.
Le surcoût évoqué dans les discussions
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, s’est exprimé cette semaine dans le balado The Food Professor, affirmant que le coût plus élevé que prévu du projet faisait partie des éléments pris en compte dans les discussions entourant l’ouverture du pont.
Nous avons un pont dont le coût a largement dépassé le budget prévu et dont la mise en service accuse un retard considérable par rapport aux prévisions initiales. Cela a modifié le modèle économique, a-t-il déclaré.

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a participé cette semaine au balado canadien The Food Professor. Interrogé sur le pont international Gordie-Howe, il a affirmé que l’idée selon laquelle les contribuables canadiens auraient financé ce nouveau pont relevait d’un « grand mythe ».
Photo : Radio-Canada / David Richard
M. Hoekstra a également soutenu que le volume de trafic dans le corridor Windsor-Détroit n’était pas en croissance et que le pont Gordie-Howe ne ferait donc que redistribuer les revenus des autres points de passage.
En réalité, vous allez financer ce pont en transférant les recettes provenant soit du tunnel, soit du pont [Ambassador], vers le pont Gordie Howe, a-t-il déclaré.
Le trafic de camions commerciaux sur le pont Ambassador est en baisse en raison de la hausse des péages.
Avec les informations d’Emma Loop de CBC


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