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Politique. Procès en appel de Marine Le Pen : le Rassemblement national face à son destin ce mardi

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Jordan Bardella sera à Strasbourg, au Parlement européen, ce mardi matin. Il reviendra très vite en début d’après-midi, au nouveau siège du Rassemblement national (RN), parti qu’il préside, dans le très chic XVIe arrondissement de Paris.

Au même moment, Marine Le Pen entrera dans la salle d’audience de la cour d’appel de Paris. La lecture de l’arrêt par les juges, promet d’être longue. Elle ne sera pas seule pour l’écouter, mais entourée de quelques fidèles. Son indéfectible ami, Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, sera sans doute parmi ceux-là.

« Je n’ai pas peur »

Le moment pour elle, sera aussi attendu qu’éprouvant car il décidera de son avenir en politique. Stop ou encore. « Je n’ai pas peur », a-t-elle dit sur LCI en fin de semaine dernière. La peur n’évite pas le danger et elle le sait. Depuis le 31 mars 2025, date du jugement de première instance du procès dit des assistants parlementaires du RN au Parlement européen, tout a changé.

Inéligibilité avec exécution immédiate, prison, très forte amende. Le choc a été immense. « Elle était authentiquement outrée au moment de la première décision. Tout le monde a pris un coup de massue sur la tête », témoigne l’un de ses proches.

Mais dans un parti pyramidal, où tout se décide en haut de manière verticale, chacun suit le mouvement sans se poser de question. Le parti d'extrême droite s’est donc d’abord scandalisé, remettant en cause l’Etat de droit et dénonçant une « décision politique » lors d’une manifestation organisée dans la hâte, moins d’une semaine après la décision, place Vauban à Paris.

Près d’une année de déni

Puis, petit à petit, le temps a fait son œuvre. Comme dans un deuil. Jordan Bardella, présenté comme le dauphin par Marine Le Pen elle-même, s’est au fil des mois imposé comme un plan B. Dans les sondages, il fait d’ailleurs même un peu mieux, désormais, que Marine Le Pen. Dans les meetings, on entend, les militants crier « Jordan président ».

« Ce n’est plus un plan B mais un plan A bis », résume un sénateur centriste. « Leur électorat est robuste et ne s’interroge que moyennement sur le candidat. Pour les électeurs RN, l’important c’est le courant. » Mais pour les concernés, ce n’est pas la même chose. Samedi à Liévin (Pas-de-Calais), ils ont affiché leur entente lors d’un banquet militant.

« Ici dans le Pas-de-Calais, je suis venue puiser l’envie de continuer », a dit la triple candidate à la présidentielle. La décision de la cour d’appel n’a pas été éludée. « Selon la décision des magistrats, les choses ne seront pas les mêmes », a convenu Marine Le Pen, parlant même de la « dimension historique » de la décision de justice.

C’est en quelque sorte la fin du déni. Durant des mois, personne n’a osé évoquer devant elle la date du 7 juillet. Il y a tout juste quelques semaines, une élue a osé aborder le sujet lors d’un séminaire consacré à la présidentielle et elle s’est fait vertement rabrouer.

Prise de parole à 20 heures

La préparation des différents scénarios s’est faite en quasi-huis clos, sans que rien ne filtre. « Les choses sont clarifiées entre les deux », assure un proche de Jordan Bardella. Concrètement, rares sont ceux qui pensent que Marine Le Pen sera en mesure de se présenter après la décision des juges.

Certains espèrent tout de même que la durée de l’inéligibilité sera réduite pour lui permettre de candidater. Mais encore faudrait-il que la peine de prison ne soit pas ferme. Quant à la relaxe, personne n’y croit. Ce mardi, tous les regards seront donc tournés vers elle. Personne d’autre n’est autorisée à prendre la parole. Relaxée ou condamnée, elle s’exprimera au JT de 20 heures de TF1 pour écrire elle-même son récit. Et son avenir.

Si elle est condamnée, elle adoubera Jordan Bardella. Ce dernier, 31 ans en septembre, devrait ensuite officialiser sa candidature assez vite, avant un premier déplacement. L’objectif est de passer vite de la justice à la politique et que le tribunal ne soit pas la dernière image restant dans la rétine des électeurs avant le départ en vacances des Français.

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