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Dans un mois, le 7 juillet, Marine Le Pen saura si la justice la condamne en appel dans l’affaire des assistants européens ou si elle peut être la candidate du RN à la présidentielle. En interne, le sujet est tabou, mais peu s’illusionnent encore.
Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :
Pour leur deuxième séminaire de travail en moins de deux mois, le 12 juin, les cadres du Rassemblement national (RN) évoqueront-ils le tabou du 7 juillet ? Ce jour-là, dans tout juste un mois, la cour d’appel de Paris rendra son arrêt concernant Marine Le Pen et plusieurs élus ou ex-élus du parti au Parlement européen. Si les juges confirment le jugement de première instance (*), Marine Le Pen, autoproclamée « candidate naturelle » du RN à la prochaine présidentielle, ne pourra pas se présenter en 2027.
Lors du premier séminaire qui s’est tenu en avril, la question avait été soulevée par une cadre. Un silence glacial avait suivi la remarque de l’élue en question. « Elle a manqué de peu la décapitation », souffle un présent. « Personne n’en parle », confirme un autre élu qui confie tout de même qu’il y a peu de chance pour que « ce soit Marine ».
L’affaire est aussi personnelle que politique. Personnelle, car Marine Le Pen a voué sa vie au Front national devenu RN, qu’elle a façonné pour conquérir le pouvoir. Politique, car le parti à la flamme est à plus de 30 % dans tous les sondages d’intentions de vote, 15 points devant ses concurrents, et qu’il est donc aux portes du pouvoir.
Bardella en embuscade
Jordan Bardella, président du RN depuis sept ans, le sait. En embuscade, celui qui dit souvent « se préparer à être le Premier ministre de Marine Le Pen » a déjà enfilé le costume du candidat. Les Français aussi le voient ainsi, le plaçant légèrement devant Marine Le Pen dans tous les sondages.
Dans les médias, il s’autonomise de plus en plus, prenant des positions qui ne sont pas conformes à celles portées par le parti depuis longtemps. Alors que Marine Le Pen répète que le projet du RN pour les retraites demeure celui de 2022 (62 ans pour l’âge légal et 60 ans pour ceux qui ont commencé leur carrière tôt), Jordan Bardella tergiverse. « Nous examinons la question de l’âge », a-t-il affirmé fin mai sur LCI, laissant pantois plusieurs élus.
Le piège des retraites
L’un d’eux n’en revient pas que rien n’ait été débattu en interne et s’inquiète du débat que cela suscite dans les médias, qui tous, relèvent le coin entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. « Le système des retraites n’est pas soutenable économiquement. Il nous faut bâtir un système plus juste », s’est justifié Jordan Bardella, toujours sur LCI. La première partie de la phrase plaira aux libéraux de droite, la seconde à ceux qui ont une sensibilité de gauche. Une sorte de nouveau « en même temps » qui crée du flou. « On a deux leaders extraordinairement populaires, des super sondages, énormément de militants et on se crée des problèmes sur les retraites ! », s’agace un mariniste.
Le séminaire de fin de semaine dissipera-t-il les malentendus tant sur l’échéance du 7 juillet que sur le programme ? La nomination de l’eurodéputé Julien Sanchez comme directeur de campagne a satisfait tout le monde au RN. Comprendre les marinistes et les bardellistes. Un débat en moins.
(*) Marine Le Pen avait été condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.


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