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CRITIQUE - Deux couples de parents se déchirent autour de la garde de leurs enfants malencontreusement échangés à la naissance. Captivant malgré les invraisemblances.
Dans la catégorie des histoires effrayantes, en voici une qui ne laisse aucun répit. Loin des invasions de zombies et des tueurs en série, Playing Nice a pour point de départ la convocation de deux couples de parents par l’administration du petit hôpital local, et cette révélation : des analyses ADN récentes ont permis de découvrir que leurs enfants, nés le même jour dans la même maternité, ont été très malencontreusement échangés.
Passé la stupeur, du côté des Riley comme de celui des Lambert, la question se pose de la suite à donner à cette déflagration. Continuer comme si de rien n’était ? Échanger les petits ? Faire connaissance, devenir amis et tenter de créer autour des garçons une sorte de coparentalité ? La troisième option, d’abord, s’impose. Encore faut-il que tout le monde soit véritablement d’accord...
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Une solide intrigue de thriller
« Et cette question, qui m’a taraudé l’esprit pendant tout le tournage et qui, je pense, va aussi tarauder celui des téléspectateurs : que ferais-je moi-même en pareille situation ? », nous déclarait James Norton, alias Pete Riley, l’un des papas. Rencontré à Séries Mania 2025, l’acteur britannique (Grantchester, Guerre et paix …) confessait des mois après la fin du tournage n’avoir toujours pas trouvé la réponse, mais y songer toujours, comme le choix le plus difficile à faire pour un individu. Alors même qu’il n’a pas d’enfant.
Adapté du best-seller du même nom, Playing Nice (publié en France sous le titre, Tu nous appartiens) se construit autour de ce postulat. Un drame familial auquel l’auteur a greffé une solide intrigue de thriller, de sorte à augmenter la dose de stress et à brouiller les pistes plus avant. Fallait-il que l’un des pères soit vénéneux ? Le toxique ajoute au malaise. Le sentiment de menace envahit le quotidien. Le machiavélisme s’oppose au dénuement.
Sans oublier les mères (Niamh Algar et Jessica Brown Findlay) dont les personnalités se découvrent aussi peu à peu. Certains récits sont plus puissants que d’autres. Ces quatre épisodes en sont une preuve. Écrits, troussés, réalisés avec soin, ils dessinent une parabole édifiante autour de la paternité, de la maternité, de la parentalité.
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La presse anglaise n’a pas aimé. Arguant de trop d’invraisemblances, elle a taxé la série de farce autour du thème de la dislocation familiale et classé l’œuvre sans suite. Certains aspects sont à l’évidence un peu outranciers, comme ce père exemplaire qui se révèle un affreux sociopathe, ou cette mère qui pense sauver son nouveau-né en le posant dans le berceau de son voisin.
Pour autant, si elles sont rares, les confusions de bébés dans les services hospitaliers se produisent. En France, la dernière affaire - retentissante - remonte à 1994. Dans une clinique cannoise, deux fillettes avaient été échangées à la naissance par une sage-femme dépressive et instable. En 2014, la clinique a été condamnée par le tribunal de grande instance de Cannes.
Playing Nice ne dit rien d’un quelconque procès engagé contre les services hospitaliers au profit de l’intrigue de thriller. Elle s’attarde sur le préjudice subi par les parents et les enfants sans trop creuser non plus. Reste la veine de thriller, construite autour du manipulateur, suffisamment forte pour rendre la minisérie captivante.


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