Elle donne naissance à son bébé, et tout se casse. Tania (Danae Dario) rejette son enfant, ne peut la tenir dans ses bras, se cabre. Une dépression post-partum sévère, on parle de «psychose puerpérale». Son mari (Christian Mukuna) tente de faire face. Tania voit alors sa mère, pour tenter de comprendre. Christine (Isabelle Carré) a été une enfant placée. Elle a été arrachée à sa propre mère, Rose (Alix Henzelin), célibataire et donc jugée inapte à l’éducation, dans les années 1970. Elle a connu l’enfer des orphelinats brutaux – perdant l’audition d’une oreille sous les coups –, les familles hargneuses… Elle a toujours pensé que Rose l’avait abandonnée. Tania, la fille, et Christine, la mère, se font enquêtrices…
On le voit, Placée, nouvelle série de Léa Fazer (les films La Petite Famille, L’Art du crime, la série Sacha déjà avec Rita Productions), empoigne un thème dur. En Suisse, quelque 100 000 enfants ont été ainsi pris à leur mère ou leurs parents au nom d’une discipline sociale obtuse. On peine à le croire, mais la pratique a duré jusqu’en 1981. Les excuses du Conseil fédéral n’ont été formulées qu’en 2013 par la voix de Simonetta Sommaruga s’adressant aux «victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extrafamiliaux». Dans certains cas, les situations se rajoutaient aux violences sexuelles dans les institutions religieuses, évoquées dans la série par le personnage de Jean, ancien ami de Christine, brisé par les agressions d’un prêtre.


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