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Placé en centre jeunesse pour ses problèmes de santé mentale

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Après quatre tentatives de suicide, habité d’une détresse profonde, un adolescent de Bécancour s’est retrouvé en centre jeunesse. « Mon fils n’a rien commis. Il est juste souffrant », affirme la mère de Maël qui se questionne sur l’accompagnement offert aux jeunes avec des problèmes de santé mentale.

Julie Alix, son conjoint et leurs enfants ont accompagné Maël dans un parcours qui a duré plusieurs années. Après de l’automutilation, le jeune adolescent, alors âgé de 12 ans, a fait des tentatives de suicide. Si la révélation de son identité trans à ses parents a pu faire d'eux des alliés, la situation a été plus difficile à l’école.

Un jeune avec un chandail à capuchon et un cheval à l'extérieur en hiver

Maël a beaucoup fréquenté les chevaux pour tenter d'améliorer sa santé mentale.

Photo : Gracieuseté Maël

Il voulait continuer d’aller à l’école malgré tout. Il se faisait briser ses choses, il se faisait voler ses choses, il se faisait insulter et bousculer , se rappelle Julie Alix.

Vous ressentez de la détresse ou vous vous inquiétez pour un proche?

Des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca (nouvelle fenêtre).

Plusieurs avenues sont alors explorées par les parents de Maël, en vain. On a consulté une liste de spécialistes. On est allé au privé aussi. On a essayé tellement de choses, se souvient-elle.

Les intervenants à l’école lui semblent dépassés et ses tentatives d’avoir accès à des soins en pédopsychiatrie se sont avérées infructueuses puisque Maël n’a aucun diagnostic.

C’est comme si tout le monde se renvoyait la balle pendant une longue période. Ils ne savaient pas comment l’aider.

C’est au moment où Maël doit être surveillé 24 h sur 24, et qu’il ne va plus à l’école, qu’une travailleuse sociale suggère une hospitalisation en pédopsychiatrie à l’hôpital de Rivière-des-Prairies. Il a passé huit jours à Rivière-des-Prairies. C’est traumatisant, se souvient Julie Alix.

La mère trouvait l’accueil froid et distant et les communications avec son fils étaient difficiles. Finalement, Maël en ressort tout de même avec un plan d’action. Malgré tout, il fait une quatrième tentative de suicide.

On se rend compte qu’on n’arrive pas, même avec tout l’amour du monde, à le faire aller mieux.

Une personne tient une oeuvre d'aquarelle

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Julie Alix explore l'aquarelle pour exprimer ses émotions.

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Séjour en centre jeunesse

Une travailleuse sociale propose donc aux parents le centre jeunesse pour pouvoir surveiller Maël jour et nuit et lui offrir un environnement neutre. Il n’y a pas d’accueil. Il n’y a pas d’explications qui sont données aux parents. Tout se passe vraiment super vite, se rappelle Julie Alix.

Elle raconte que la fouille, qui n’est pas à nue, se fait quand même sur son fils de douze ans, habillé d’une robe de chambre ouverte sur les côtés. Maël est aussi interdit d’apporter ses vêtements adaptés à son identité de genre.

Tout ce processus-là n’est pas adapté. Il reste encore beaucoup de choses à faire.

Maël y restera quatre mois, dans la section des filles, avec le rappel constant de son ancienne identité. Avec le recul, sa mère se demande si ce parcours était la meilleure décision. Si j’avais parlé à d’autres parents qui avaient vécu ça, peut-être que mes décisions auraient été différentes, affirme-t-elle.

Santé Québec Mauricie-Centre-du-Québec affirme que le centre de réadaptation, ou centre jeunesse, n'est pas la seule option d'hébergement pour les jeunes. Ils peuvent être confiés à un proche significatif ou encore une famille d'accueil. Si un hébergement temporaire est nécessaire, le milieu est déterminé en fonction des besoins du jeune afin d’assurer sa santé, sa sécurité et son développement, écrit-on par courriel.

L'organisation ajoute que les parents et leurs jeunes peuvent accéder à une évaluation en appelant l'Info-social au 811 ou auprès de l'accueil psychosocial du CLSC. Ils seront alors orientés vers les services appropriés, assure-t-on.

Une femme et un adolescent sourient à la caméra

Julie Alix et son fils Maël

Photo : Gracieuseté Julie Alix

Aujourd’hui, Maël se porte bien. Il a commencé à s’ouvrir aux autres et à développer son art. Il est amoureux maintenant. Je pense que cette personne-là lui fait beaucoup de bien, raconte Julie Alix avec le sourire.

Des services débordés

Le parcours de soins qu’a vécu Maël et ses parents ne surprend pas Luc Chulak, directeur général de l’organisme Les Parents partenaires à Trois-Rivières. [Le centre jeunesse] ce n'est pas du tout le bon endroit, mais c’est la trajectoire habituelle parce qu’il manque de ressources en pédopsychiatrie, estime-t-il.

La santé mentale au niveau des jeunes, on dirait que ça passe vraiment sous le radar. Lorsqu’il s’agit de santé mentale, avant que les cas puissent être répertoriés, analysés et traités, ça prend vraiment du temps. Il y a vraiment une espèce de silence radio.

Monsieur Chulak estime qu’il faudrait augmenter l’offre de services en santé mentale et en pédopsychiatrie, notamment que la région aie son propre centre spécialisé.

Les Parents partenaires est le seul organisme sur le territoire à accompagner les parents de jeunes avec des problèmes de santé mentale. Les parents sont souvent pris au dépourvu et ne savent pas vers qui aller, explique ce dernier.

Grâce à l'organisme, les parents peuvent rencontrer une intervenante spécialisée, en personne ou à distance. Luc Chulak conseille aux parents de rapidement trouver de l’aide ou une ressource, tout en sachant qu’elles se font rares.

De son côté, Julie Alix raconte qu’elle a trouvé de l’écoute et un accueil qui lui ont fait du bien auprès de Trans Mauricie.

Maël et sa mère Julie

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Aujourd’hui, Maël se porte bien. Il a commencé à s’ouvrir aux autres et à développer son art.

Photo : Julie Alix

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