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France 18/08/2026 13:33 Actualisé le 18/08/2026 13:43
Cette cyberattaque a permis aux hackeurs d’aspirer les données de 678 000 Français, notamment leur nom, leur adresse, et leur revenu fiscal de référence.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

ROMAIN DOUCELIN / Hans Lucas via AFP
Que faire (ou pas) si vous faites partie des personnes concernées par le piratage du fisc
EN BREF • Une cyberattaque a compromis les données de 678 000 Français, incluant nom, adresse et revenu fiscal. La Direction générale des finances publiques contactera les victimes par mail.
• Les arnaqueurs pourraient se faire passer pour des agents fiscaux. Il est conseillé de vérifier les demandes suspectes et de ne jamais transférer d’argent sans vérification.
• Pour se protéger, changez d’adresse mail, activez la double authentification et surveillez vos comptes bancaires.
Un cambriolage numérique d’ampleur. De premiers mails ont été envoyés ce lundi 17 août à une partie des Français dont les données ont été piratées lors de la récente cyberattaque du fisc. Au total 678 000 contribuables sont concernés. Environ la moitié sont des particuliers, les autres des entreprises.
Si vous faites partie de ces personnes, les hackeurs ont pu dérober différentes informations à votre sujet : votre nom et prénom, votre adresse postale et électronique, votre numéro de téléphone… Mais aussi votre quotient familial, votre revenu fiscal de référence et votre taux de prélèvement à la source, a indiqué la Direction générale des finances publiques.
La Direction générale des finances publiques s’est engagée à contacter par mail chaque contribuable dont les données ont fuité lors de cette attaque. Dans ce courriel, on peut lire : « Vous recevez ce message car vous êtes concerné (e) par un acte de malveillance ». L’organisme prévient ensuite contre d’éventuelles arnaques et propose quelques bonnes pratiques pour s’en prémunir. Plusieurs experts en cybersécurité ont complété ces consignes. Le HuffPost fait le point dans cet article.
• Se méfier des mails ou des appels des « impôts »
Si la Direction générale des finances publiques va contacter les contribuables lésés, les arnaqueurs aussi risquent de sauter sur l’occasion. En clair, de « faux » agents des impôts pourraient tenter de vous contacter, par mail ou par téléphone, pour vous dérober encore plus d’informations ou tout simplement de l’argent.
« L’arnaqueur va par exemple appeler en disant : “Bonjour, c’est l’administration fiscale. Vous faites partie de la liste des personnes qui ont été qui ont été impactées. Nous allons vous aider… », résume Damien Bancal, spécialiste en cyberintelligence et fondateur du média Zataz. Grâce au vol de données, l’interlocuteur peut donner l’impression de bien connaître votre dossier. Or, face à un tel mail ou coup de fil, « on va souvent réagir sous le coup du stress et de la panique, et risquer de tomber dans le piège », prévient-il.
• Quelques réflexes de prudence à avoir en tête
Quelques bons réflexes peuvent éviter de se faire avoir. Pour commencer, apprendre à se méfier d’un interlocuteur ou d’un mail qui présente la situation comme une urgence. Il s’agit en effet d’une ficelle courante utilisée par les arnaqueurs pour vous amener à agir sous le coup de l’émotion, sans réfléchir.
Deuxième point de vigilance : dès qu’un transfert d’argent rentre en compte, il vaut mieux stopper la procédure. Vous pouvez ensuite vérifier calmement auprès de votre banque ou sur le site des impôts s’il y a vraiment une démarche en cours. « On ne traite jamais une demande dans le canal par lequel elle est arrivée. Vous raccrochez, vous cherchez le numéro officiel vous-même, vous rappelez. Y compris quand la personne en face semble tout savoir de votre dossier », insiste sur X le spécialiste en cybersécurité Christophe Mazzola.
• Changer son adresse mail sur impots.gouv
Pour se prémunir des arnaques, vous pouvez dès à présent changer votre adresse mail sur le site des impôts « impots.gouv ». Damien Bancal recommande même de créer une adresse mail pour chaque secteur sensible banque, travail, administration… « Certes, cela fait beaucoup d’adresses mail. Mais on a bien plusieurs clés pour sa voiture, son vélo, sa boîte aux lettres, sa maison, son appartement… Sur internet, il faut faire la même chose. C’est de l’hygiène numérique ».
Quid du mot de passe ? Vous pouvez aussi le changer si vous le souhaitez, mais la DGFiP assure qu’ils « n’ont pas été compromis ». Pour autant, de manière générale, il est recommandé d’avoir des mots de passe différents pour chaque site et de les changer régulièrement. Surtout, Damien Bancal recommande d’activer la double authentification. « Il faut le faire. C’est une brique supplémentaire de cybersécurité », appuie l’expert.
• Surveiller ses comptes bancaires
Autre action simple à mettre en place : surveiller ses comptes bancaires. Si vous faites partie des victimes de la cyberattaque et que vous vous êtes malheureusement fait avoir par du « phishing » ou autre technique d’hameçonnage, cela se verra rapidement sur vos comptes.
Par ailleurs, vous pouvez également consulter le fichier national des comptes bancaires (Ficoba), sur le site de l’administration fiscale, « pour voir si un fraudeur n’a pas créé un compte à votre nom grâce aux données récupérées », précise Jonathan Spedale, fondateur de Cyber Moustache, entreprise de lutte contre les fraudes auprès de France Info.
• Rester sur ses gardes, même des semaines plus tard
Les arnaques pourront continuer de survenir dans les semaines et les mois à venir. Sans céder à la paranoïa, les gestes et réflexes de prudence évoquée dans cet article doivent ainsi s’appliquer au quotidien et pas uniquement après l’annonce d’une cyberattaque d’ampleur.
Enfin, au-delà des mails et des coups de téléphone frauduleux, plusieurs experts alertent également sur les démarchages à domicile, en particulier pour les plus fortunés. « Dans les données qui ont été piratées, on a le fameux revenu fiscal de référence, qui témoigne de la richesse des personnes », alerte ainsi sur France Inter Clément Domingo, hackeur éthique et expert en cybercriminalité. Certains particuliers pourraient ainsi se retrouver victimes de tentatives de cambriolage ou de chantage.


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