NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le 4 septembre 1826, on inaugurait une nouvelle machine de Marly (Yvelines). Équipée d’une « pompe à feu », elle permet de puiser l’eau de la Seine pour la monter à Versailles.
Sur le même thèmeChâteau de VersaillesHistoireLa Seine
Par Philippe Roudeillat Publié le 18 août 2026 à 14h16
Si l’Histoire a retenu le nom de Machine de Marly, il est communément associé, dans l’imaginaire collectif, au tout premier dispositif de pompage des eaux de la Seine construit sous Louis XIV. Son but : permettre d’alimenter les parcs des châteaux de Marly et de Versailles depuis Bougival, dans les Yvelines.
Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que le dispositif initial, arrêté et démolie en 1817, a été remplacé, au fil du temps, par plusieurs machines – provisoire puis définitive – dont on fêtera cette année, pour l’une d’elles, les 200 ans de son l’inauguration.
« La machine extrêmement complexe de Louis XIV »
« Dès le XVIIIe siècle, on a voulu perfectionner et simplifier la machine extrêmement complexe de Louis XIV, explique Wilfrid Eon, le chef du service traitement des archives et diffusion numérique à la direction des archives départementales. Et il y a eu comme ça une série de consultations. »
« Il y avait même eu deux concours organisés à la veille de la Révolution française à l’Académie des sciences pour trouver des personnes capables de monter l’eau. »
Car le défi est de taille. Il s’agit, en effet, de faire monter l’eau depuis la Seine en lui faisant franchir un dénivelé de 160 mètres.

Le problème de l’alimentation en eau potable
« Sous l’Empire revient l’idée, alors que la machine est devenue complètement vétuste, de pouvoir la redémarrer. Entre-temps, il y a quand même eu un changement, ajoute Wilfrid Eon. C’est qu’au départ, la première machine de Louis XIV était à destination des fontaines de Versailles et de Marly. »
« Mais, avec la ville qui se construit autour du château, on a besoin d’une eau bonne à boire pour les habitants et les chevaux alors aussi nombreux. Et on estime que celle de la Seine l’est. »
L’époque est à la vapeur et l’Empereur demande à l’ingénieur Jacques-Constantin Périer (1742-1818) de construire ce que l’on appelle alors une « machine à feu » pour équiper la machine de Marly. Mais, le projet fut abandonné au regard du coût de l’opération.
Napoléon Ier ordonne sa construction
C’est en 1812 que Napoléon Ier ordonne finalement la construction d’une nouvelle machine. Deux hommes sont sur le projet : l’architecte François Charles Cécile et l’ingénieur Louis Martin. Les bouleversements politiques et les difficultés du chantier retardant son achèvement, il faudra finalement patienter presque 15 ans avant qu’elle soit inaugurée par Charles X.
Entre-temps, les deux hommes seront à l’origine d’une machine « provisoire » réalisée à partir de deux roues de l’ancienne machine de Louis XIV. Ainsi, à partir de 1826, les anciens systèmes composés, notamment, de roues à aubes, disposés sur le fleuve, permettant d’en extraire l’eau et de la propulser jusqu’à destination, cèdent définitivement la place à une nouvelle machine : la « pompe à feu ». Elle est constituée de quatre pompes hydrauliques mises en mouvement grâce à l’énergie vapeur.

« L’une les machines élévatoires les plus puissantes d’Europe »
« Cette installation comptait parmi les machines élévatoires les plus puissantes d’Europe au XIXᵉ siècle, note Wilfrid Eon. Elle fait quand même 64 chevaux, donc c’est quand même une machine extrêmement puissante pour l’époque. En Angleterre, on parle de machines de 32 chevaux, mais pas de machines aussi puissantes. »
« Beaucoup soulignent au niveau de l’Académie des sciences, que c’est une machine exceptionnelle, mais c’est vrai que les techniques évoluent assez vite à ce moment. »
De cette machine révolutionnaire, il ne reste aujourd’hui qu’un bâtiment. Visible depuis les quais de Seine et de la nationale 13. Il est facilement reconnaissable à son architecture particulière.
« Une architecture inspirée d’un temple grec »
« Ce bâtiment a une architecture inspirée d’un temple grec, dont la silhouette étonne encore dans le paysage. Il constitue l’un des très rares témoignages monumentaux du règne de Charles X dans les Yvelines. »
« Les murs sont très épais et la structure au-dessus est très légère, car, à cette époque, on pensait encore que les machines pouvaient exploser. Et autant que l’explosion se fasse sur le haut plutôt que sur les côtés. »
Ceci alors même que l’explosion n’aurait pu intervenir qu’au niveau des chaudières qui, quant à elles, avaient été construites à l’extérieur, derrière le bâtiment.

« Un vrai complexe industriel »
« Il y avait une grande cheminée accolée à l’arrière du bâtiment, explique Wilfrid Eon. L’ensemble est un vrai complexe industriel. Évidemment, les pompes fonctionnent à l’intérieur du bâtiment et projettent l’eau dans une colonne qui passe sous la cour et qui remonte dans une tranchée ascendante. »
La « pompe à feu » fonctionnera pendant 33 ans, jusqu’en 9 juin 1859. Une nouvelle machine, hydraulique sur le principe de celle de Louis XIV, imaginée par l’ingénieur Xavier Dufrayer, (1811-1879) viendra la remplacer. Cette dernière fonctionnera jusqu’en 1963.
« La machine de Cécile et Martin ne partira à la ferraille qu’en 1905 pour laisser place aux pompes électriques de MM. Barbetet Hersent, précise Wilfrid Eon. Cependant l’essentiel de l’œuvre architecturale de Cécile à savoir le pavillon Charles X et sa tranchée ascendante a survécu et reste depuis 1826, la station d’élévation de l’eau de Versailles et de ses environs. »
Des visites le 19 septembre
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, prévues le samedi 19 septembre 2026, Wilfrid Eon assurera plusieurs visites guidées consacrées à cette aventure technique et humaine exceptionnelle. Il en présentera l’histoire du chantier, ses étonnants acteurs et le fonctionnement de cette remarquable machine.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


1 hour_ago
60



























.jpg)






French (CA)