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Pierre Poilievre unit sa voix à celles d’autres parents et d’organisations au pays pour réclamer une réforme du système national d’alerte d’urgence afin de mieux protéger les enfants vulnérables portés disparus. Le gouvernement fédéral a exprimé sa disposition à écouter les propositions allant dans ce sens.
Le plaidoyer du chef conservateur survient après la découverte, mercredi, du corps sans vie de Parker Wells, un garçon autiste de 11 ans de Calgary qui avait été porté disparu deux semaines plus tôt.
Dans une lettre adressée jeudi à la ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, Eleanor Olszewski, M. Poilievre et un député de son parti, Mike Lake, demandent également une amélioration de la formation des premiers intervenants et des protocoles de recherche, ainsi qu'une clarification des pouvoirs de la police en matière de diffusion des alertes.

Le corps du jeune Parker, un enfant neurodivergent de Calgary, dont la disparition a fait l'objet d'une alerte Amber, a été retrouvé sans vie, mercredi.
Photo : Fournie par la police de Calgary
Ce que redoute Poilievre en tant que père
Le sort tragique du jeune Parker, dont les restes retrouvés mercredi ont été formellement identifiés jeudi par le médecin-chef de l’Alberta, a particulièrement touché Pierre Poilievre et Mike Lake, qui sont tous les deux parents d’un enfant vivant avec un trouble neurodéveloppemental.
Au moment de la disparition du jeune garçon de Calgary, aucune alerte Amber n'a été diffusée, car la police n’avait aucune raison de croire qu’il avait été enlevé. Il a fallu deux jours après sa disparition pour que le gouvernement de l’Alberta, à la demande de la police et compte tenu des circonstances, accorde une dérogation.
Au Canada, la gestion des alertes Amber est sous la responsabilité des provinces.
Le cas du jeune garçon ne remplissait pas en effet les critères d’une alerte Amber, selon lesquels l'enfant doit avoir à la fois été enlevé et être en danger.
Les auteurs de la lettre adressée à la ministre fédérale souhaitent que ces critères soient modifiés afin de permettre le déclenchement d’alertes même en l’absence de tout indice d’acte criminel.
Évoquant la situation de sa propre fille de 7 ans, sur le spectre de l'autisme, qui ne parle pratiquement pas, M. Poilievre a confié sa crainte personnelle et celle de sa conjointe si, par malheur, leur enfant venait à s’égarer elle aussi.
[Ma femme et moi], nous nous sommes dit : "comment réagirions-nous si cela nous arrivait"?
Le chef de l’opposition conservatrice, qui s'exprimait ainsi à l’émission The Homestretch, sur les ondes de CBC, s’est dit convaincu qu’« il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire en tant que pays pour aider dans les situations où des enfants autistes s’égarent ».

Le chef conservateur Pierre Poilievre en compagnie de sa conjointe, Anaida Poilievre, à Trois-Rivières, le 4 avril 2025.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Une alerte Indigo?
D’autres parents d’enfants neurodivergents et des associations proposent la création d’une alerte spécifique pour les enfants vulnérables disparus qui pourrait s’appeler alerte Indigo, en référence à la couleur de la sensibilisation au spectre de l’autisme.
Quelle que soit la forme que prendra la solution, le principe doit être simple : le système doit réagir au danger auquel l’enfant est confronté, et pas seulement à la suspicion d’un crime, soutiennent Pierre Poilievre et Mike Lake dans leur lettre.
Ce que nous pouvons faire, c’est d'élaborer des protocoles qui prévoient le déclenchement d'une alerte lorsqu’un certain laps de temps s’est écoulé [après la disparition d’un enfant] et que certains éléments liés au comportement de l’enfant nous amènent à penser qu’il a pu s’éloigner et s’égarer loin, dans des endroits dangereux.
M. Poilievre et M. Lake plaident par ailleurs pour que les forces de l’ordre disposent d’une autorité claire pour alerter le public lorsqu’un enfant vulnérable est susceptible d’être en danger.
Samedi, lors de son émission de radio, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a indiqué que son gouvernement envisageait la possibilité d’élargir, à l’automne, l'autonomie des polices locales afin de leur permettre d'émettre elles-mêmes des alertes.

Eleanor Olszewski, ministre fédérale de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Ottawa a pris bonne note
Dans un communiqué, la ministre Eleanor Olszewski a indiqué qu'elle avait pris bonne note des préoccupations exprimées dans la lettre et qu’elle allait rencontrer Mike Lake la semaine prochaine pour discuter de ses propositions.
Mme Olszewski a également fait savoir que les efforts visant à renforcer la fiabilité et la cohérence du système national d’alerte publique, sur la base des recommandations de la Commission des pertes massives créée pour examiner les événements survenus les 18 et 19 avril 2020 en Nouvelle-Écosse, se poursuivaient.
Bien que les provinces et les territoires soient chargés de décider quels types d’alertes sont diffusés et à quel moment, nous restons déterminés à travailler ensemble pour garantir que les Canadiens reçoivent des alertes d’urgence opportunes et fiables lorsqu’ils en ont le plus besoin.

L'Alberta a été la première province canadienne à adopter l'alerte Amber, à la fin de 2002. Le Québec l’a adoptée le 26 mai 2003. (Photo d'archives)
Photo : iStock
Qu’est-ce qu’une alerte Amber?
L'alerte Amber est un système de diffusion d'urgence activé lorsqu'un enlèvement d'enfant est signalé.
Son but est de diffuser de l'information le plus vite possible, puisque chaque minute compte dans les cas d’enlèvements d’enfants.
Les renseignements diffusés dans les médias et à travers le système d'alerte national décrivent l’enfant enlevé, le suspect et le moyen de transport utilisé.
Amber tire son nom de l’acronyme anglais America’s Missing : Broadcast Emergency Response et rend hommage à Amber Hagerman, une fillette de 9 ans enlevée et tuée au Texas en 1996.
Ce drame a conduit à la mise en place officielle de ce programme d'alerte aux États-Unis en 2003. Depuis, il a été adopté dans plusieurs pays, dont le Canada.
En français, l’acronyme signifie Alerte médiatique, but : enfant recherché.
D’après un texte (nouvelle fenêtre) de Kelsea Arnett, avec les informations de Karina Zapata et de La Presse canadienne


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