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La grève des agents de bord de WestJet, déclenchée dimanche, bouleverse les plans de milliers de voyageurs à travers le pays. Ainsi, des vacances attendues depuis des mois qui s'arrêtent avant même le décollage.
Dans les aéroports de Saskatoon, Regina et Winnipeg, l'incertitude a remplacé l'excitation du départ, alors que le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et la compagnie aérienne poursuivent leurs négociations.
Entre résignation et frustration
Le voyage de Wayne Black devait marquer le début de deux semaines de vacances dans les Maritimes. Avec cinq membres de sa famille, cet agriculteur de Tisdale avait planifié cette escapade depuis près d'un an.
Conscient que le conflit de travail risquait de perturber les vols, le groupe avait même choisi de partir une journée plus tôt dans l'espoir d'éviter les annulations. Cette mesure n'a finalement rien changé.
On était sur le point de déposer nos bagages pour le vol vers Winnipeg, quand on nous a dit que notre correspondance vers Halifax était annulée, raconte-t-il.
C'est un moment frustrant. Les grèves perturbent toujours tout le monde.
À Regina, Brian Fleming a, lui aussi, vu son itinéraire basculer en quelques instants. En franchissant les portes de l'aéroport, il découvre que son vol vers Vancouver n'existe plus.
Le nouveau vol qu'on m'a attribué faisait en sorte que mon vol de retour partait avant même mon vol aller. C'est complètement absurde, déplore-t-il.
Quand les retards deviennent une source d'inquiétude
Pour certains, les conséquences dépassent largement le simple contretemps.
Whitney Earl Reedy tente de rentrer chez lui, en Colombie-Britannique, après plusieurs changements d'itinéraire. Diabétique, il s'inquiète désormais de manquer d'insuline, si son retour continue d'être retardé.
Je dois rentrer chez moi aujourd'hui. Je suis presque à court d'insuline, confie-t-il.
J'ai toujours été du côté des syndicats, donc je comprends. Mais je blâme la gestion des deux côtés parce qu'ils avaient toute une année pour régler ça.
Les longues files devant les comptoirs de WestJet témoignent d'une même réalité : l'incertitude. Plusieurs passagers espèrent être réacheminés rapidement, parfois sur des vols d'autres transporteurs.
Une revendication de longue date
À l'origine de ces perturbations, le syndicat affirme vouloir mettre fin à une pratique qu'il juge inéquitable, soit le travail non rémunéré effectué par les agents de bord avant le décollage des appareils.
Leur contrat contient des heures qui ne sont pas payées. C'est 35 heures en moyenne pour les membres du SCFP. On est ici pour mettre fin au travail non rémunéré, explique Gina McKay, la présidente du Syndicat canadien de la fonction publique au Manitoba.

La présidente du SCFP Manitoba, Gina McKay, réclame la fin du travail non rémunéré des agents de bord, effectué avant le décollage des avions.
Photo : Radio-Canada / Travis Golby
On est solidaires de nos collègues, travailler pour rien, ce n'est pas juste, résume son collègue André Freynet, le vice-président de la SCFP.
WestJet affirme, pour sa part, avoir pris toutes les mesures raisonnables pour éviter le conflit de travail.
La compagnie indique qu'elle communiquera directement avec les passagers touchés et tentera de les réacheminer sur le prochain vol disponible, y compris auprès d'autres transporteurs lorsque cela est possible.
En attendant une entente, les voyageurs gardent les yeux rivés sur les écrans des halls de départ des aéroports, dans l'espoir qu'une destination remplace enfin le mot annulé, à côté de leur destination.
Avec les informations de Daniel Birru et Edith Boisvert


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