Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a évoqué samedi une «invasion» d’immigrés en commémorant le Débarquement de juin 1944, tout en appelant les pays européens à augmenter leurs capacités de défense, quelques heures après avoir renoncé à participer à la cérémonie internationale.
Le patron du Pentagone a semblé faire référence à une menace que représenterait selon lui l’immigration pour la «civilisation occidentale», dans une analogie avec le débarquement de forces alliées organisé voici 82 ans. «Malheureusement, aujourd’hui, différentes plages européennes sont prises d’assaut par diverses idéologies dangereuses: sur les plages d’Espagne, d’Italie, de Grèce et de Bulgarie, des bateaux et des hommes débarquent», a-t-il attaqué, lançant: «Les capitales européennes agiront-elles contre cette invasion ou est-il déjà trop tard?»
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«Les hommes enterrés ici ont combattu au sein d’une alliance guerrière où chaque partenaire a apporté la mesure de son industrie, de son courage et de son sacrifice», a déclaré Pete Hegseth à Colleville-sur-Mer (Calvados), devant les 9.387 croix blanches du cimetière de soldats américains tombés au combat pendant la bataille de Normandie, sur la plage d’Omaha Beach. «Ni slogans creux, ni sommets fastueux, ni communiqués», a-t-il ironisé, «chaque nation» alliée «a saigné, a pris sa part» en 1944.
«L’Amérique doit montrer la voie, et nous le ferons, mais nos alliés doivent être avec nous, épaule contre épaule», a annoncé le ministre de la Défense, qui avait annoncé vendredi soir son retrait de la cérémonie internationale prévue samedi, pour se consacrer à la cérémonie américaine. Ce proche du président Donald Trump a également jugé que «la paix n’est garantie que par la force», s’abstenant dans son discours, prononcé en présence de son homologue française Catherine Vautrin, de toute mention explicite aux conflits en cours, en Iran ou en Ukraine.
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Lors de la cérémonie internationale samedi après-midi, le premier ministre français Sébastien Lecornu a rendu hommage aux «3000 hommes d’à peine 20 ans» morts le jour du Débarquement, qui ont offert «le souffle de leur jeunesse, et le sacrifice de leur vie». Sébastien Lecornu a célébré la «résilience» du Royaume-Uni pendant le conflit et le «peuple américain, ce grand peuple ami de la liberté».
Comme en écho aux menaces de lâchage des Etats-Unis, il a appelé à relever le «défi de notre génération», celui de «notre autonomie, de notre capacité à nous défendre par nous-mêmes», afin de faire face aux «menaces» qui «se rapprochent, s’intensifient et se multiplient». Dans la matinée, le chef du gouvernement avait participé à la cérémonie militaire de l’Ecole des fusiliers marins et des commandos Marine à Ouistreham (Calvados), sur le lieu de débarquement des 177 Français du commando Kieffer.
Durant la cérémonie internationale, l’attaché de défense à l’ambassade d’Allemagne en France, Markus Reinhardt, a qualifié ce 6 juin de «jour de gratitude» envers les soldats alliés «de langues et d’origines différentes» qui ont permis au continent européen de retrouver sa liberté. Le général de brigade a également salué cette «coopération» d’où les «partenariats» peuvent naître pour sauver une paix qui «demeure fragile».


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