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Pendant ce temps, à Toronto

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TORONTO - Des débuts éclaboussés par la pluie, le forfait d’un joueur canadien, puis un autre et encore un pour faire bonne mesure, des têtes de série qui roulent les unes après les autres et, surtout, un avenir remis en question si Tennis Canada, les citoyens et les gouvernements ne parviennent pas à s’entendre sur l’immense projet de modernisation et d’agrandissement des installations de la fédération au parc Jarry. Pas de tout repos, le tournoi de tennis montréalais jusqu’ici.

Pendant ce temps, à Toronto, cui-cui font les petits oiseaux. Ou tweet-tweet, comme on dit par ici, mais assurez-vous d’utiliser la bonne voyelle si vous songez l’écrire.

D’abord, les cinq premières joueuses au classement mondial ont daigné faire le déplacement en Ontario. Ensuite, elles sont déjà toutes du rendez-vous au troisième tour. Pas de prestation feutrée qui aurait donné l’impression, par exemple, que la première tête de série, Aryna Sabalenka, l’avait justement ailleurs, la tête.

Il fait beau, il fait chaud, on joue au tennis et, en dépit du forfait de la tenante du titre, la Canadienne Victoria Mboko, blessée, Leylah Annie Fernandez a rempli sa part du contrat jusqu’ici et offrira une belle affiche aux amateurs vendredi avec un duel contre la jeune sensation de 19 ans Mirra Andreeva.

Bref, pour reprendre les mots du PDG de Tennis Canada, Gavin Ziv, tout va bien.

Voilà pour le volet sportif, mais qu’en est-il des installations torontoises?

S’il appert évident qu’un vieux stade de baseball rapiécé ne peut plus rivaliser avec de nouveaux complexes bâtis au coût de 260 M de dollars américains (Cincinnati), des stades mythiques (Rome), un autre déménagé au milieu d’un amphithéâtre de football (Miami) ou le tournoi que l’on surnomme le cinquième grand chelem (Indian Wells), on ne peut pas dire pour autant que celui de Toronto se démarque par sa majesté.

Au premier abord, le site n’est pas plus fastueux que celui de Montréal. Il est plus petit également, selon les données trouvées sur le site de la fédération nationale. Montréal exploite un terrain de 20 acres contre 15 à Toronto.

Et le terrain central, le Stade Sobeys, qui peut accueillir 12 500 spectateurs, n’a pas plus de toit que son homologue québécois. Il est toutefois beaucoup plus récent, sa construction datant de 2004.

En entrevue avec le représentant de Radio-Canada plus tôt cette semaine, M. Ziv a répété que Montréal accuse du retard et qu’il y a du travail à faire, et a assuré du même souffle qu’il n’y a aucun plan de rénovation ou d’agrandissement prévu à Toronto pour l’instant.

Les circuits (ATP et WTA) ont des standards pour les hommes et les femmes : le stade, les installations pour les joueurs et tout le reste. C’est notre travail de s’assurer que nous remplissons tous ces critères. À Toronto, on y est, tout va bien, a-t-il laissé tomber.

Les infrastructures du stade principal sont de premier ordre, que ce soit pour les joueurs, les docteurs, les partisans, les sièges, les loges, les sections VIP. On a même de la place pour ajouter des sièges dans le futur si on veut. On a pensé à tout.

Avant la construction du stade torontois, les dirigeants de la fédération ont fait la tournée des tournois de même catégorie que le leur, la catégorie 1000, la plus prestigieuse après les quatre tournois du grand chelem. On s’est inspiré de la construction du stade d’Indian Wells, érigé en 1999.

Et on a fait encore mieux, a estimé le PDG.

Et le toit

Ce qui semble être une condition sine qua none à Montréal, la substantifique moelle du projet, soit l’érection d’un nouvel amphithéâtre muni d’un toit rétractable, n’est même pas une arrière-pensée à l’autre bout de la 401.

Un toit à Toronto? Pourquoi faire.

Historiquement, il a plu davantage à Montréal, a fait valoir Gavin Ziv.

Le patron de la fédération ne fait pas qu’espérer que la météo soit clémente avec l’alma mater de Peter Polansky, ça se vérifie.

En consultant les données d’Environnement Canada pour la période allant de 1991 à 2020, l’on constate que Montréal reçoit en moyenne, au mois d’août, 93,6 mm de précipitations, soit 36,6 % de plus que Toronto (68,5 mm). Une différence significative. C’est aussi vrai sur l’ensemble de l’année (1040,8 mm à Montréal contre 806,8 mm à Toronto).

La capitale ontarienne n’est pas à l’abri des intempéries pour autant, n’empêche, construire un toit au Stade Sobeys ne fait pas partie des réflexions à l’heure actuelle.

Pittoresque et plus petit

L’expansion du tournoi canadien, qui est passé de 56 à 96 joueurs l’an dernier et se déroule maintenant sur 12 jours plutôt que 7, a mis en lumière le besoin de moderniser les installations montréalaises.

Même si le parc Jarry compte autant de terrains disponibles qu’à Toronto (12, incluant les deux stades), on dit manquer d’espace. On comprend surtout que les installations sont vieilles, un peu désuètes et ne répondent plus aux standards luxueux devenus la norme un peu partout ailleurs.

C’est plus moderne à Toronto, mais sans plus.

C’est très canadien, a commencé la numéro 3 mondiale, Jessica Pegula, sourire aux lèvres.

C’est pittoresque, simple et facile. Même si je pense qu’il y a toujours place à l’amélioration, bien sûr.

C’est différent parce que ce n’est pas un tournoi où jouent en même temps les hommes et les femmes. À cause de ça, on remarque un peu moins le manque d’espace. S’il y avait le double de gens, c’est sûr qu’on se dirait que ceci doit être plus grand ou rénové, a ajouté la double championne de l’Omnium Banque Nationale.

On en revient toujours à l’espace en fait. Ce serait bien que le gym soit plus grand. Ils ont agrandi le salon où l’on mange, c’est bien. Le tennis canadien est en pleine ascension, ils veulent que ça continue, alors je suis certaine qu’ils devront faire des rénovations sur les stades, a conclu l’Américaine de 32 ans.

Elle prend une photo sur le terrain après sa victoire

Leylah Fernandez

Photo : Getty Images / Matthew Stockman

Leylah Annie Fernandez a aussi noté l’agrandissement de l’aire de restauration cette année, parmi d’autres améliorations ici et là.

Ce que Montréal et Toronto font de très bien, c’est que, chaque année, ils essaient d’améliorer des choses et c’est ce que les joueurs veulent voir dans les tournois. Parfois, on trouve [que la direction des tournois] a l’air trop satisfaite de ses installations, a lancé la Québécoise.

Mais je suis contente de savoir qu’il y aura un toit à Montréal, a-t-elle renchéri.

Attention. Il y en aura un si toutes les parties impliquées réussissent à s’entendre et si Tennis Canada finit par dévoiler un montage financier crédible indiquant à quelle hauteur elle compte contribuer à son projet. Là-dessus, le PDG, Gavin Ziv, n’a pas voulu s’avancer.

En attendant, à Toronto, tout va bien.

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