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L’association représentant les transformateurs de fruits de mer de Terre-Neuve-et-Labrador poursuit deux dirigeants du syndicat provincial des pêcheurs pour 2,5 millions de dollars.
L’Association des producteurs de fruits de mer accuse la présidente du syndicat Fish, Food and Allied Workers (FFAW), Dwan Street, ainsi que le vice-président de l’organisme, Jason Sullivan, de tactiques illégales qui auraient nui au début de la saison du crabe des neiges et privé de revenus cinq propriétaires d’usines.
Le syndicat rejette le prix minimum de la livre de crabe, établi à 5,30 $ par une commission indépendante, le 2 avril. Selon la loi provinciale, la commission doit intervenir lorsque les propriétaires d’usine et le FFAW sont incapables de s’entendre. Lorsqu’elle fixe le prix et que la saison de pêche commence, les pêcheurs n’ont pas le droit de faire la grève.
Les transformateurs soulignent toutefois que Dwan Street a promis à plusieurs reprises que, malgré l’ouverture de la saison dans la plupart des zones de pêche le 5 avril, aucun crabe ne serait transformé à Terre-Neuve-et-Labrador, en attendant que les propriétaires d’usine reviennent à la table de négociation.
Le syndicat souhaite obtenir un prix minimum supérieur à 6 $ la livre.

Dwan Street, la présidente du syndicat des travailleurs de pêches Fish, Food and Allied Workers (FFAW), dans son bureau à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 2 avril 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Selon les transformateurs, Jason Sullivan aurait intimidé des pêcheurs et proféré des menaces envers des crabiers pour que ces derniers restent à quai.
Des documents déposés en Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador citent plusieurs publications Facebook de Jason Sullivan dans lesquelles il a encouragé les membres du syndicat de dénoncer publiquement les pêcheurs qui prenaient la mer. Il a promis de publier les noms des briseurs de grève sur les médias sociaux et d’être sur place lorsque ces derniers revenaient à quai, afin de les accueillir à bras ouvert.

Le pêcheur de crabe Jason Sullivan est vice-président du syndicat des travailleurs des pêches Fish, Food and Allied Workers. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mark Quinn
Selon les transformateurs, Jason Sullivan et Dwan Street ont aussi participé à une manifestation bloquant l’accès au quai d’Argentia, le 6 avril, afin de faire pression sur les transformateurs.
Chaque pêcheur décide s’il souhaite pêcher, précise le syndicat
Ni le syndicat ni l’association des transformateurs n’accordent d’entrevue sur le litige, intenté vendredi dernier.
Or, lundi, le FFAW a souhaité préciser sa position sur l’ouverture de la pêche au crabe, stipulant qu’il n’a pas le droit de déclencher une grève en vertu de la Fishing Industry Collective Bargaining Act, soit la loi qui encadre la négociation collective et l'établissement des prix dans l'industrie des pêches.
Chaque pêcheur décide s’il souhaite pêcher et où il choisit de vendre ses prises. Il appartient aux pêcheurs individuels et aux transformateurs de s’entendre sur ces questions, écrit le FFAW dans un communiqué.
Nous reconnaissons que cette situation est frustrante pour de nombreux pêcheurs, reconnaît le syndicat, qui promet de continuer de défendre les intérêts des pêcheurs et des communautés côtières dans le cadre législatif et juridique existant.
Le prix établi par la commission pour la saison 2026 est de 5 ¢ plus élevé que celui de l’an dernier. Cependant, le syndicat rappelle que le prix des carburants a grimpé en flèche depuis le début de la guerre en Iran et soutient que les conditions sur le marché du crabe sont actuellement meilleures qu’en 2025.
La pêche au crabe des neiges est la plus importante et la plus lucrative de Terre-Neuve-et-Labrador. L’an dernier, les débarquements étaient évalués à 707 millions de dollars.


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